Creusement du tunnel novembre 1915 - février 1916 (≈ 1916)
Par le 9e régiment d'infanterie lorrain 173.
mars 1916
Aménagement des infrastructures
Aménagement des infrastructures mars 1916 (≈ 1916)
Hôpital, centrale électrique et cuisines installés.
29 juillet 1916
Achèvement du Bataillon-Tunnel
Achèvement du Bataillon-Tunnel 29 juillet 1916 (≈ 1916)
Prolongement vers la deuxième ligne.
septembre 1918
Destruction partielle
Destruction partielle septembre 1918 (≈ 1918)
Accès minés avant l'offensive américaine.
11 juin 1998
Classement monument historique
Classement monument historique 11 juin 1998 (≈ 1998)
Protection des entrées et infrastructures.
2012
Fermeture au public
Fermeture au public 2012 (≈ 2012)
Pour raisons de sécurité.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Les entrées et les infrastructures de l'ouvrage dit du Kaiser-Tunnel (cad. Lachalade A 1, 2, lieudit La Grande Courte Chausse ; Boureuilles D 351, lieudit Haut Jardinet ; centre de Verdun, route de Metz à Verdun) : inscription par arrêté du 11 juin 1998
Personnages clés
9e régiment d'infanterie lorrain 173 - Unité constructrice
Creusa le tunnel (bataillons 2 et 3).
1er bataillon du régiment 173 - Responsable des prolongements
Acheva le Bataillon-Tunnel en 1916.
Origine et histoire
Le Kaiser-Tunnel est un tunnel souterrain de 350 mètres de long, creusé entre novembre 1915 et février 1916 par le 9e régiment d'infanterie lorrain 173 (basé à Saint-Avold et Metz) dans la gaize de l’Argonne. Ce projet visait à relier discrètement les lignes allemandes à travers un terrain défavorable, en protégeant les soldats des tirs ennemis. À partir de mars 1916, le tunnel fut équipé d’infrastructures vitales : une infirmerie avec bloc opératoire, une centrale électrique (alimentant 23 ventilateurs et pompes), des cuisines et une citerne. Il devint le cœur d’un réseau incluant le Bataillon-Tunnel et l’Ortlieb-Tunnel, permettant des déplacements invisibles sur des centaines de mètres.
La construction s’inscrivait dans la stratégie allemande de contrôle de la Haute-Chevauchée, une zone de croupes boisées près de Verdun. Le tunnel abritait des troupes de réserve dans le ravin des Meurissons, avec un prolongement vers la deuxième ligne achevé en juillet 1916. En septembre 1918, à la veille de l’offensive américaine, les Allemands détruisirent partiellement les accès et retirèrent les équipements. Les entrées, marquées par un linteau orné d’une croix de fer et de l’inscription « Kaiser Tunnel 1915-1916 », furent réouvertes ultérieurement.
Classé monument historique en 1998, le site illustre l’ingénierie militaire de la Première Guerre mondiale dans l’Argonne, où 350 000 soldats périrent. Fermé depuis 2012 pour raisons de sécurité, il s’intègre dans un « chemin de mémoire » de 40 hectares, rappelant les combats acharnés de 1914-1918. Le tunnel symbolise aussi la guerre de mines qui opposa Français et Allemands dans ce secteur, notamment entre octobre 1914 et septembre 1915.
L’ouvrage était initialement accompagné d’un musée à son entrée nord, aujourd’hui disparu. Les vestiges visibles incluent les infrastructures souterraines et les entrées protégées, situées à cheval sur les communes de Lachalade et Boureuilles (Meuse, Grand Est). La gaize, roche locale tendre, facilita le creusement mais nécessita un renforcement constant pour éviter les effondrements, comme en témoignent les travaux menés par les 2e et 3e bataillons du régiment 173.