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Logis de Beaulieu à La Laigne en Charente-Maritime

Patrimoine classé
Demeure seigneuriale
Logis

Logis de Beaulieu à La Laigne

    Beaulieu
    17170 La Laigne
Propriété privée

Frise chronologique

Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1475
Premier seigneur connu
1539
Première mention écrite
1623
Agrandissement du domaine
1691
Vente à un roturier
1776
Construction de la fontaine
milieu XVIIIe siècle
Restauration du logis
1989
Sauvetage du domaine
2 mars 1993
Classement partiel
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Grille en fer forgé fermant la cour (cad. A 414) : inscription par arrêté du 2 mars 1993

Personnages clés

Guillaume des Chaulmes - Seigneur de Beaulieu Premier propriétaire connu en 1475.
Suzanne Desmier - Héritière et propriétaire Agrandit le domaine en 1623.
Julien Gaillardon - Acquéreur roturier Acheta Beaulieu en 1691 après fortune coloniale.
Jean-Louis Admyrauld - Maire, député et préfet Propriétaire au XIXe siècle, figure politique locale.
Louis-Gabriel Admyrauld - Député et officier Héritier du domaine, lieutenant-colonel d’artillerie.
Famille Prouzeau - Restaurateurs modernes Sauve le logis de la ruine depuis 1989.

Origine et histoire

Le logis de Beaulieu, situé à La Laigne en Charente-Maritime, est mentionné dès 1539 comme une seigneurie vassale de La Laigne sous l’Ancien Régime. Dotée de droits seigneuriaux (basse justice, colombier, garenne), la terre passe entre les mains de familles nobles : les Desmier au XVIe siècle, puis les Chaumont et Bidault au XVIIe siècle, avant d’être vendue en 1691 à Julien Gaillardon, un roturier enrichi à la Guadeloupe. Après des partages successoraux au XVIIIe siècle, le domaine est reconstruit et embelli, avec des éléments architecturaux comme un puits daté de 1776 et des boiseries intérieures.

Au XVIIIe siècle, le logis est restauré et prend sa forme actuelle : un corps central flanqué de deux ailes en retour d’équerre, encadrant une cour fermée par une grille en fer forgé (classée en 1993). Deux tours cylindriques, vestiges d’un ancien château des XVe–XVIe siècles, subsistent aux extrémités du bâtiment. Le domaine, entouré de dépendances (ferme détruite, pigeonnier, hangars), reste dans la famille Admyrauld du XVIIIe au XXe siècle, avec des figures comme Jean-Louis Admyrauld, maire de La Laigne et député sous Napoléon.

En 1989, la famille Prouzeau acquiert Beaulieu et entreprend sa restauration pour le sauver de la ruine. Le site conserve des cheminées du XVIIIe siècle, des boiseries et une fontaine datée de 1776. Bien que partiellement modifié au fil des siècles (ajout d’ailes au XVIIe siècle ?), le logis témoigne de l’évolution architecturale et sociale d’une seigneurie rurale, des guerres de Religion à la Révolution française.

Les archives révèlent une succession complexe de propriétaires, reflétant les alliances matrimoniales et les stratégies foncières des élites locales. Parmi eux, Suzanne Desmier (XVIIe siècle) agrandit le domaine en achetant le fief voisin de Roussillon, tandis que Catherine Bidault, sa demi-sœur, le transmet aux Gittons avant sa vente à Gaillardon. Les Admyrauld, négociants rochelais, marquent l’histoire du lieu au XIXe siècle, avec des personnalités comme Louis-Gabriel Admyrauld, député et officier d’artillerie.

L’architecture mêle des éléments défensifs (tours médiévales) et des aménagements classiques (lucarnes, escaliers dans des tours carrées). La grille d’entrée, unique élément protégé au titre des monuments historiques, illustre le prestige du domaine à l’époque moderne. Aujourd’hui, Beaulieu reste un exemple préservé du patrimoine seigneurial charentais, entre héritage médiéval et transformations des Lumières.

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