Frise chronologique
IXe siècle
Origines et souterrains-refuges
Origines et souterrains-refuges
IXe siècle (≈ 950)
Premier château en bois et réseaux souterrains.
XIIe siècle
Reconstruction en pierre
Reconstruction en pierre
XIIe siècle (≈ 1250)
Château médiéval avec tessons de poterie.
XVe siècle
Reconstruction post-Guerre de Cent Ans
Reconstruction post-Guerre de Cent Ans
XVe siècle (≈ 1550)
Plan actuel en U avec tours.
1620
Acquisition par Le Musnier
Acquisition par Le Musnier
1620 (≈ 1620)
Intégration au domaine d’Ardenne.
1633
Transformation en métairie
Transformation en métairie
1633 (≈ 1633)
Déclin accéléré du logis.
1736
Procès-verbal descriptif
Procès-verbal descriptif
1736 (≈ 1736)
Détails architecturaux conservés.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Personnages clés
| Seigneurs de la Cour (Xe-XIIe siècles) - Premiers seigneurs de Moulidars |
Propriétaires du château primitif et lieurs d’hommage. |
| Famille Le Musnier - Propriétaires au XVIIe siècle |
Transforma la Cour en métairie. |
| Claude Chastillon - Graveur (1604) |
A documenté l’architecture similaire d’Ardenne. |
| Abbé Gabriel Tricoire - Historien local (XIXe siècle) |
A étudié les liens entre la Cour et Ardenne. |
Origine et histoire
Le logis de la Cour, situé à Moulidars en Charente, trouve ses origines au Xe siècle comme premier château du village, alors appelé Castelnum de Curtis. Ce site, centre d’un domaine seigneurial, remplaçait une villa gallo-romaine et devint un lieu défensif clé face aux invasions normandes du IXe siècle. Des souterrains-refuges, datés de cette époque, témoignent de son rôle protecteur pour les paysans locaux, liés par contrat féodal aux seigneurs de la Cour, seuls détenteurs du titre de seigneurs de Moulidars.
Au XIIe siècle, le château primitif en bois fut reconstruit en pierre, adoptant un plan similaire à celui du XVe siècle, période de sa dernière reconstruction après les destructions de la Guerre de Cent Ans. Des fouilles ont révélé des tessons de poterie et des morceaux de verre du XIIe et XIIIe siècles, prouvant l’aisance de ses occupants médiévaux. Le verre, rare et coûteux à l’époque, confirme le statut social élevé des seigneurs du lieu. Le château dépendait alors de la châtellenie de Châteauneuf, tandis que le voisin château d’Ardenne, bâti plus tard, relevait de l’abbaye de Saint-Cybard.
Ruiné pendant les Guerres de religion, le logis fut acquis en 1620 par la famille Le Musnier, déjà propriétaire des châteaux d’Ardenne et de Rouffignac. En 1633, il fut transformé en métairie du château d’Ardenne, mais son déclin s’accéléra aux XVIIe et XVIIIe siècles faute d’entretien. Les plans du XVe siècle, comparables à ceux du château d’Ardenne, décrivent un corps de logis en U avec deux tours d’angle (dont une prison) et une tour d’escalier encore visible. Une gravure de 1604 et un procès-verbal de 1736 précisent son architecture : trois étages, toiture à pignon aigu, et un colombier.
Le site conserve des vestiges des souterrains-refuges du IXe siècle et un four à pain médiéval (fournilou), traces tangibles de son passé féodal. Le mur d’enceinte, autrefois doté de tours de guet, n’en conserve que les fondations. L’histoire du logis de la Cour illustre l’évolution des systèmes défensifs et seigneuriaux en Angoumois, depuis le haut Moyen Âge jusqu’à l’époque moderne, tout en restant indissociable de celle du château d’Ardenne, avec lequel il partagea longtemps les mêmes seigneurs.