Frise chronologique
1746
Construction du logis
Construction du logis
1746 (≈ 1746)
Initiée par Henriette Michel, veuve Gentil.
1823
Saisie et vente
Saisie et vente
1823 (≈ 1823)
Adjugé à Henri Constant d’Abzac.
1844
Transformation en asile
Transformation en asile
1844 (≈ 1844)
Par le comte Jean de Luc (Frère Théodore).
1852
Fermeture et revente
Fermeture et revente
1852 (≈ 1852)
Suite à la faillite de la colonie.
3 juillet 1992
Classement MH
Classement MH
3 juillet 1992 (≈ 1992)
Façades, toitures et escalier protégés.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Façades et toitures ; deux perrons ; escalier intérieur à balustres (cad. AH 164) : inscription par arrêté du 3 juillet 1992
Personnages clés
| Henriette Michel - Commanditaire |
Veuve Gentil, initie la construction en 1746. |
| Angélique - Héritière |
Petite-fille d’Henriette, divorce après la Révolution. |
| Jean de Luc (Frère Théodore) - Propriétaire et fondateur |
Transforme le logis en asile pour orphelins (1844). |
| Henri Constant d’Abzac - Acquéreur |
Achète le domaine saisi en 1823. |
Origine et histoire
Le logis de Vallade, situé à Rétaud en Charente-Maritime, est un château du 2e quart du XVIIIe siècle (1746), édifié sur un site archéologique plus ancien. Il remplace une demeure antérieure appartenant à la famille Vallade, mentionnée dès le début du XVIIe siècle. La construction est initiée par Henriette Michel, veuve de Seguin Gentil, seigneur de Lafond et de Rétaud. Ce logis modeste, de style classique inspiré du XVIIe siècle, reflète le goût de la petite noblesse provinciale soucieuse de gérer ses terres.
Transmis par héritage à sa fille Eustelle puis à sa petite-fille Angélique, le domaine est marqué par des troubles familiaux : Angélique divorce après l’émigration de son mari pendant la Révolution, puis se remarie avec Jean Millon. Un long procès aboutit à la saisie du château en 1823, adjugé à Henri Constant d’Abzac. Ce dernier le cède en 1844 au comte Jean de Luc (alias Frère Théodore), qui le transforme en asile Notre-Dame de Vallade pour orphelins et enfants abandonnés de Charente-Inférieure.
La colonie agricole, décrite comme vétuste et mal gérée par le sous-préfet de Saintes, est fermée pour déroute financière et mauvaises conditions d’accueil (absence de personnel féminin, carences éducatives). Certains encadrants sont ensuite accusés d’abus sexuels dans une autre institution. Après une nouvelle saisie en 1852, le domaine est vendu à Georges Joseph Picard, puis acquis en 1890 par la famille Meaume. L’architecture, marquée par des remaniements (perte d’une aile et d’une porte cochère), conserve des éléments protégés depuis 1992 : façades, toitures, perrons et un escalier intérieur du XVIIe siècle.
Le logis, de plan rectangulaire, présente un corps en pierre de taille à un niveau, surmonté de combles éclairés par des lucarnes à frontons cintrés ou triangulaires. La porte axiale, encadrée de pilastres à bossages, supporte un fronton triangulaire. Un pavillon nord abrite un escalier en pierre à balustres, vestige probable d’un édifice antérieur. Le style sobre et les aménagements intérieurs du XIXe siècle illustrent son évolution fonctionnelle, d’une demeure seigneuriale à un établissement caritatif controversé.
Classé Monument Historique pour ses façades, toitures et éléments intérieurs, le logis de Vallade témoigne des mutations sociales et architecturales de la noblesse rurale, entre héritage classique et réaffectations utilitaires. Son histoire mêle patrimoine familial, enjeux éducatifs et scandales, reflétant les tensions de l’époque entre charité et exploitation.