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Château de Loubersan dans le Gers

Gers

Château de Loubersan

    160 Chemin du Village
    32300 Loubersan

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1100
1200
1500
1600
1700
1800
1900
2000
XIe siècle
Construction initiale
XVe siècle
Transformation en forteresse
XVIIe siècle
Changement de propriétaires
XVIIIe siècle
Travaux de modernisation
XIXe siècle
Prison militaire
1996
Rachat par Castelbajac
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Galaubie de Panassac - Sénéchal de Guyenne Transforme le manoir en forteresse au XVe siècle.
Jeanne d’Arc - Compagne d’armes Panassac combat à ses côtés avant Loubersan.
Jean Marais - Acteur En garnison au château au XXe siècle.
Jean-Charles de Castelbajac - Couturier Propriétaire depuis 1996.

Origine et histoire

Le château de Loubersan, situé dans le Gers, trouve ses origines au XIe siècle sous la forme d’un manoir fortifié construit par la famille de Lobersan. Ce long bâtiment, doté de meurtrières au rez-de-chaussée et de grandes ouvertures au premier étage, était ceint de douves et surmonté d’un chemin de ronde avec mâchicoulis. La famille de Lobersan, donatrice à l’abbaye de Berdoues pendant trois siècles, en conserva la propriété pendant quatre cents ans. Une chapelle seigneuriale, entourée d’un cimetière, se trouvait alors à l’est, hors de l’enceinte, tandis que le village s’étendait au sud-est dans une combe.

Au XVe siècle, le sénéchal de Guyenne Galaubie de Panassac, compagnon d’armes de Jeanne d’Arc, transforme radicalement le manoir en une forteresse imprenable. Il érige une enceinte carrée de plus de 5 mètres de haut, flanquée de deux tours massives percées de 26 bouches à feu, rendant tout assaut improbable. Ces tours, rondes à l’extérieur mais carrées à l’intérieur avec des murs épais de 1,90 m, font de Loubersan une place forte stratégique aux côtés du château du Garrané pour protéger Mirande. L’appareillage militaire reflète les innovations de l’artillerie royale introduite par Jean et Gaspard Bureau.

Les siècles suivants voient le château changer de mains et de vocation. Au XVIIe siècle, la famille d’Antras en devient propriétaire avant qu’un procès ne l’attribue aux Rohan-Chabot, qui en font un rendez-vous de chasse. Au XVIIIe siècle, la famille de Bourdonnié acquiert la demeure et entreprend des travaux de « modernisation » controversés : destruction de la tour carrée, de deux murs d’enceinte et du bâtiment nord (détruisant le « plus grand cachot du Gers »), ainsi que la substitution des murs est et ouest par des cuisines et une chapelle. Ces travaux révèlent des ossements médiévaux, témoignages des cachots redoutés où l’on disait : « Si tu vas au château de Lobersan, avant d’y entrer dis adieu à la lumière ! »

Aux XIXe et XXe siècles, le château sert tour à tour de prison pendant les guerres napoléoniennes et la guerre d’Espagne (les gendarmes y exécutent des déserteurs, laissant des graffitis dans les cachots), puis de ferme, de stock à grain et même de refuge pour enfants. L’acteur Jean Marais y séjourne brièvement. En 1996, le couturier Jean-Charles de Castelbajac en devient propriétaire. Aujourd’hui, le château, entouré d’un parc aux arbres rares rapportés d’Orient par M. de Dillon (cédres, acacias), ne se visite pas.

L’architecture actuelle mêle vestiges médiévaux (tours nord, mur d’enceinte, oubliettes) et ajouts postérieurs comme la chapelle au plafond peint en bleu de Lectoure (pastel des teinturiers) ou les cuisines. Une statue de la Vierge, à l’entrée de l’allée cavalière, rappelle l’ancien pèlerinage reliant les villages voisins. Les souterrains, cachots et graffitis des prisonniers témoignent encore de son histoire tourmentée, entre pouvoir seigneurial, conflits militaires et transformations architecturales.

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