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Lycée Condorcet de Paris

Patrimoine classé
Lycée

Lycée Condorcet de Paris

    63-65 Rue de Caumartin
    75009 Paris

Frise chronologique

Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1800
1900
2000
1781
Construction du couvent
10 septembre 1803
Fondation du lycée
1844
Transformation urbaine
1880
Surpopulation scolaire
1894
Création du Racing Club
1924
Première mixité
1940-1944
Persécutions antisémites
1968
Mai 68
1981
Classement historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Alexandre-Théodore Brongniart - Architecte Conçoit le couvent des Capucins en 1781
Nicolas de Condorcet - Philosophe homonyme Lycée renommé en son honneur en 1883
Clémence Ramnoux - Première normalienne littéraire Ancienne élève, reçue à l’ENS en 1927
Anne Chopinet - Première femme à Polytechnique Élève reçue première en 1972
Jean-Paul Sartre - Professeur remplaçant Remplace un professeur juif révoqué en 1941
Serge Gainsbourg - Ancien élève Quitte le lycée en 1941 sous les lois antisémites
Patrick Rouil - Proviseur actuel Dirige l’établissement depuis 2018

Origine et histoire

Le lycée Condorcet a été fondé en 1804 dans le 9e arrondissement de Paris, sur l’emplacement d’un ancien couvent des Capucins construit en 1781 par l’architecte Brongniart. Ouvert sous le nom de lycée de la Chaussée-d’Antin, il devient rapidement un établissement phare pour la bourgeoisie progressiste, attirant des familles juives et protestantes en quête d’un enseignement laïc et libéral. Son régime souple et son absence d’internat en font un choix privilégié pour les élites parisiennes.

Au XIXe siècle, le lycée subit des transformations urbaines majeures, comme l’élargissement de la rue Saint-Lazare en 1844 et le percement de la rue du Havre, réduisant son jardin mais permettant l’extension de ses bâtiments. En 1853, un projet de basilique menace même son existence. Sous le Second Empire, les autorités surveillent son environnement pour éviter toute influence jugée dangereuse, comme les débits de boisson ou les pamphlets politiques près du passage du Havre.

À partir de 1880, face à l’afflux d’élèves, le lycée loue des locaux rue de Rome et transforme des bureaux en salles de classe. En 1894, des élèves fondent le Racing Club de France. Sous la Troisième République, l’établissement joue un rôle clé dans l’intégration des Juifs aisés, dont beaucoup fuient les persécutions en Europe centrale dans les années 1930. Sa pédagogie ouverte et républicaine en fait un symbole de mixité sociale et religieuse.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, le lycée subit les lois antisémites de Vichy : cinq professeurs juifs sont révoqués dès 1940, et 90 % des élèves juifs disparaissent entre 1942 et 1944, victimes des rafles ou de l’exode. Malgré cela, certains continuent de recevoir des prix, témoignant d’une administration bienveillante. En 1944, la Wehrmacht envisage de le convertir en caserne avant la Libération.

Le lycée s’ouvre progressivement aux femmes : dès 1924, il accueille des élèves en classes préparatoires, dont Clémence Ramnoux, première normalienne littéraire en 1927. En 1972, Anne Chopinet y devient la première femme reçue à Polytechnique. En mai 1968, les élèves le rebaptisent ironiquement lycée Karl-Marx. Aujourd’hui, il reste un établissement d’excellence, classé parmi les meilleurs de France.

Son architecture mêle héritage religieux et modernité : le cloître des Capucins, classé monument historique en 1981, côtoie des bâtiments du XIXe siècle comme la façade de Charles Le Cœur. Les salles portent les noms d’anciens élèves célèbres, parmi lesquels Proust, Bergson ou Gainsbourg, reflétant son rôle dans l’histoire intellectuelle et culturelle française.

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