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Lycée Jules Ferry à Paris 1er dans Paris

Lycée Jules Ferry

    77 Boulevard de Clichy
    75009 Paris 9e Arrondissement
Propriété de l'Etat
Lycée Jules Ferry
Lycée Jules Ferry
Lycée Jules Ferry
Lycée Jules Ferry
Lycée Jules Ferry
Lycée Jules Ferry
Crédit photo : Baudot, Anatole de, 1834-1915 - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

XIXe siècle
Époque contemporaine
1900
2000
1869
Achat du terrain par les Dames Zélatrices
1901-1905
Dissolution et expropriation du couvent
1er octobre 1913
Ouverture du lycée
1917
Création de la première CPGE féminine
1930-1935
Agrandissement majeur du lycée
juillet 1942
Arrestation de 25 élèves juives
1975-1980
Passage à la mixité
13 janvier 2016
Classement monument historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Le lycée en totalité, y compris le sol de la parcelle et à l'exception de la surélévation contemporaine du pavillon donnant sur le 62 de la rue de Douai (cad. AA 1) : inscription par arrêté du 13 janvier 2016

Personnages clés

Pierre Paquet - Architecte en chef Concepteur du lycée, système Cottancin.
Anne Amieux - Directrice (1913-?) Pionnière des CPGE féminines.
Camille Boignard - Peintre-décorateur Auteur des frises intérieures.
Georges Fontené - Inspecteur général Soutien des CPGE scientifiques féminines.
Sébastienne Guyot - Ancienne élève (promo 1918) Première ingénieure aéronautique française.
Diane Kurys - Réalisatrice et ancienne élève Tourne *Diabolo menthe* dans le lycée.

Origine et histoire

Le lycée Jules-Ferry, situé au 77 boulevard de Clichy dans le 9e arrondissement de Paris, est un établissement scolaire public construit au début du XXe siècle. Inauguré en 1913 comme lycée de jeunes filles, il incarne l’architecture scolaire de la Troisième République, marquée par des principes hygiénistes et une volonté d’émancipation féminine. Son édification s’inscrit dans un contexte de laïcisation de l’enseignement, après la dissolution des congrégations religieuses et l’expropriation du couvent des Dames Zélatrices de la Sainte-Eucharistie, présent sur le site depuis 1869.

Le projet, conçu par l’architecte Pierre Paquet, intègre des innovations techniques comme le système Cottancin (ciment armé et briques) et des décors intérieurs signés Camille Boignard. Dès son ouverture, le lycée accueille 327 élèves et propose des formations pionnières, dont la première classe préparatoire féminine à l’École centrale des arts et manufactures (1917). Pendant la Première Guerre mondiale, l’établissement s’adapte aux besoins nationaux, formant des jeunes filles pour remplacer les hommes partis au front, tout en subissant des agrandissements malgré les pénuries.

Entre 1930 et 1935, d’importants travaux transforment le lycée en un ensemble architectural en forme de losange, avec une coupole en briques de verre et un gymnase sur toit-terrasse. Symbole de démocratisation, il accueille progressivement des élèves issues de milieux plus modestes après 1930. Pendant la Seconde Guerre mondiale, le lycée est marqué par la résistance de certaines professeures et la déportation de 25 élèves juives en 1942, commémorée aujourd’hui par une plaque. Après 1945, il s’étend avec des annexes devenues indépendantes (lycées Honoré-de-Balzac et Stéphane-Mallarmé) et s’adapte aux réformes éducatives, devenant mixte en 1980.

Classé monument historique en 2016, le lycée Jules-Ferry illustre l’évolution de l’éducation en France, des luttes pour l’égalité des sexes aux mouvements sociaux de Mai 68. Son centenaire en 2013 et sa participation aux Journées du patrimoine soulignent son rôle culturel et mémoriel. Aujourd’hui, il abrite un collège, un lycée et des classes préparatoires littéraires, tout en servant de décor à des films comme Diabolo menthe (1977) ou L’Avenir (2016).

Liens externes