Maison d'arrêt du Pré Pigeon à Angers en Maine-et-Loire
Maison d'arrêt du Pré Pigeon
49100 Angers
Propriété de l'Etat
Frise chronologique
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1900
2000
1852-1856
Construction de la prison
Construction de la prison 1852-1856 (≈ 1854)
Édification de la maison d'arrêt sous la direction de l'architecte Ferdinand Lachèse.
1896
Exécution capitale
Exécution capitale 1896 (≈ 1896)
Première utilisation de la guillotine devant l'entrée de la prison.
1944
Évacuation allemande
Évacuation allemande 1944 (≈ 1944)
Les autorités allemandes évacuent la prison avec un dernier convoi de déportés.
1947
Dernières exécutions
Dernières exécutions 1947 (≈ 1947)
Deux condamnés à mort sont décapités dans la cour intérieure.
1949
Dernière exécution en France
Dernière exécution en France 1949 (≈ 1949)
Germaine Leloy, dernière femme guillotinée en France, est exécutée dans la prison.
1997
Inscription historique
Inscription historique 1997 (≈ 1997)
La prison est inscrite aux Monuments historiques pour ses parties intérieures.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Bâtiments en croix autour de la rotonde (les trois grandes ailes et la petite aile du bâtiment administratif) ainsi que la rotonde (cad. BP 169) : inscription par arrêté du 14 janvier 1997
Personnages clés
Ferdinand Lachèse
Architecte départemental ayant dirigé la construction de la prison.
Chanoine Uzureau
Aumônier de la prison de 1902 à 1948.
Germaine Leloy
Dernière femme guillotinée en France, exécutée dans cette prison en 1949.
Origine et histoire
La maison d'arrêt du Pré-Pigeon est un établissement pénitentiaire situé à Angers, dans les Pays de la Loire. Bâtie au milieu du XIXe siècle, elle a été édifiée entre 1852 et 1856 sur le modèle officiel recommandé par le ministère de l'Intérieur en 1841, sous la direction de l'architecte départemental Ferdinand Lachèse. Son plan suit la structure panoptique avec quatre bras en croix — trois ailes cellulaires et une aile administrative — ancrés à une rotonde monumentale. Conçue pour accueillir 242 détenus, elle disposait de cellules spécialement aménagées, ce qui représentait un progrès par rapport aux anciennes installations du château d'Angers. En 2013, sa capacité théorique était de 217 places, mais plus de 370 personnes y étaient alors détenues, soit un taux de surpopulation de 170 %, supérieur à la moyenne nationale de 120 %. De 1902 à 1948, le chanoine Uzureau a exercé la fonction d'aumônier de la prison. La guillotine a été dressée devant l'entrée en 1896 et en 1934 ; dans la cour intérieure, deux condamnés à mort furent décapités à six mois d'intervalle en 1947. La dernière exécution dans l'établissement eut lieu le 21 avril 1949 : la condamnée Germaine Leloy, dernière femme guillotinée en France. Pendant la Seconde Guerre mondiale, les autorités allemandes continuèrent d'utiliser la prison, y internant et torturant de nombreux résistants, souvent avant leur déportation ou leur exécution ; elles évacuèrent l'établissement le 6 août 1944, emmenant un dernier convoi de 134 déportés. En 1997, l'édifice a été inscrit aux Monuments historiques pour ses parties intérieures, notamment les quatre bâtiments en croix et la rotonde centrale. On y repère encore un poste de surveillance central surmonté de la chapelle ainsi que la porte d'entrée monumentale en forme de châtelet. En 2010, un centre de semi-liberté de trente-sept places a été aménagé entre les bâtiments existants et le boulevard Saint-Michel. Aujourd'hui totalement enclavée dans la ville, la maison d'arrêt est entourée de constructions comme l'immeuble surnommé « la Banane », qui épouse la forme de sa façade. À la fois par son ancienneté et par sa surpopulation, elle ne répond plus aux normes pénitentiaires du XXIe siècle. Un projet de nouvelle prison de 850 places est envisagé sur des terrains à Trélazé ; il accuse du retard et ne devrait voir le jour qu'en 2028, la future structure devant employer 525 personnes.