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Maison d'arrêt du Pré Pigeon à Angers en Maine-et-Loire

Maison d'arrêt du Pré Pigeon

    5 Place Olivier Giran
    49100 Angers
Propriété de l'Etat
Maison darrêt du Pré Pigeon
Maison darrêt du Pré Pigeon
Maison darrêt du Pré Pigeon

Frise chronologique

Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1900
2000
1852-1856
Construction de la prison
1896 et 1934
Exécutions par guillotine
1944 (août)
Évacuation par les Allemands
1947 et 1949
Dernières exécutions capitales
1997
Classement Monument Historique
2010
Agrandissement de la prison
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Bâtiments en croix autour de la rotonde (les trois grandes ailes et la petite aile du bâtiment administratif) ainsi que la rotonde (cad. BP 169) : inscription par arrêté du 14 janvier 1997

Personnages clés

Ferdinand Lachèse - Architecte départemental Concepteur de la prison (1852-1856).
Chanoine Uzureau - Aumônier de la prison De 1902 à 1948.
Germaine Leloy - Dernière femme guillotinée en France Exécutée en 1949 dans la prison.

Origine et histoire

La maison d’arrêt du Pré Pigeon, située à Angers dans les Pays de la Loire, est un établissement pénitentiaire construit entre 1852 et 1856 sous la direction de l’architecte départemental Ferdinand Lachèse. Elle remplace les anciennes installations carcérales du château d’Angers, jugées inadaptées. Inspiré par le modèle panoptique, le bâtiment adopte un plan en croix avec quatre ailes (trois cellulaires et une administrative) ancrées à une rotonde centrale. Ce projet s’inscrit dans un courant philanthropique du XIXe siècle visant à améliorer les conditions de détention, bien que la surpopulation devienne rapidement un problème récurrent (217 places théoriques pour 370 détenus en 2013).

La prison a été le théâtre d’exécutions capitales, avec la guillotine dressée à deux reprises devant son entrée (1896 et 1934), puis dans la cour intérieure en 1947 pour deux condamnés à mort. La dernière exécution, celle de Germaine Leloy en 1949, marque un fait rare : une femme guillotinée dans un établissement réservé aux hommes. Pendant la Seconde Guerre mondiale, les Allemands y ont interné et torturé des résistants avant de l’évacuer en août 1944, emportant 134 déportés.

Classée Monument Historique en 1997 pour ses parties intérieures (bâtiments en croix et rotonde), la prison a subi un agrandissement en 2010 avec un centre de semi-liberté. Aujourd’hui enclavée en plein cœur d’Angers, elle est jugée obsolète en raison de sa surpopulation et de son âge. Un projet de nouvelle prison de 850 places à Trélazé, prévu pour 2028, doit la remplacer, employant 525 personnes. Entre 1902 et 1948, le chanoine Uzureau a exercé comme aumônier de l’établissement.

L’architecture de la prison, avec son poste de surveillance central surmonté d’une chapelle et sa porte d’entrée en forme de châtelet, illustre les principes pénitentiaires du XIXe siècle. Son inscription aux Monuments Historiques souligne sa valeur patrimoniale, malgré les défis contemporains liés à son usage carcéral. La prison incarne ainsi à la fois un héritage architectural et les tensions entre mémoire historique et exigences modernes du système pénitentiaire.

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