Origine et histoire
La maison forte de Pravieux est une construction médiévale du XIIIe siècle, située sur la commune de Chaponost, dans le département du Rhône. Implantée à flanc de colline, elle surplombe la plaine reliant Francheville à Brignais, offrant une position stratégique dans le paysage local. Son architecture, marquée par une grande sobriété, se distingue par de rares fenêtres à meneaux, typiques des maisons fortes de cette époque.
La première mention écrite des seigneurs de Pravieux remonte à 1268, avec Hugues de Pravieux. Au début du XVe siècle, le fief passe aux mains de la famille de Sacconins (ou Sacconay), également liée au château de Pravieux à Pouilly-lès-Feurs. Ces seigneurs, dont les armoiries sont décrites comme de gueules semé de billettes d’or à la bande d’argent, incarnent l’aristocratie locale de l’époque.
Au XVIe siècle, la famille de Gadagne, originaire de Florence mais installée à Lyon, prend possession du domaine. Thomas de Gadagne, surnommé « le Riche », puis son neveu « le Magnifique », marquent cette période par leur influence économique et sociale. Le fief change ensuite de mains au XVIIe siècle avec la famille Guyot, dont Jean Guyot (1647–1709), avocat et bourgeois lyonnais, épouse Jeanne Duxio. Les Blanchet, autre famille notable, leur succèdent : Jean Claude Blanchet, échevin, et son fils Claude Louis, procureur du Roi, sont des figures locales jusqu’à la Révolution, où les demoiselles Blanchet possèdent encore les lieux.
Au début du XXe siècle, la famille Celle habite la maison forte. Marguerite Celle épouse le fils de Laurent Bonnevay, personnalité politique majeure du Rhône, président du Conseil général et Garde des Sceaux. Ces alliances illustrent le lien persistant entre ce monument et les élites régionales, des seigneurs médiévaux aux familles bourgeoises modernes.
Les armoiries des familles successives — Sacconins, Gadagne, Guyot de Pravieux et Blanchet de Pravieux — témoignent de leur statut et de leur héritage. La maison forte, bien que discrète par son architecture, incarne ainsi près de huit siècles d’histoire locale, mêlant pouvoir seigneurial, enrichissement marchand lyonnais et transformations sociales.