Logo Musée du Patrimoine

Tout le patrimoine français classé par régions, départements et villes

Maison à Vannes dans le Morbihan

Maison

    19 Rue Saint-Guenhaël
    56000 Vannes
Propriété de la commune
Maison
Maison
Crédit photo : Fab5669 - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
XIIe ou XIIIe siècle
Cave voûtée
1421-1426
Construction principale
1670
Réparations et location
XVIIe siècle
Modifications majeures
1943
Classement Monument Historique
2011
Étude dendrochronologique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Façade sur rue et toiture (cad. BR 366) : classement par arrêté du 6 septembre 1943

Personnages clés

François Le Goable - Propriétaire en 1670 Recteur de Campénéac, loua la maison.
Gilles Michel - Maître-maçon Répara la cheminée en 1670.

Origine et histoire

Cette maison semi-mitoyenne du XVe siècle, située 19 rue Saint-Guenhaël à Vannes, est un rare témoignage de l’architecture civile médiévale bretonne. Construite entre 1421 et 1426 (datation dendrochronologique), elle repose sur une cave voûtée d’arêtes bien plus ancienne, probablement des XIIe ou XIIIe siècles, séparée de la cave voisine par une arcade en plein cintre. La façade sur rue, en encorbellement, combine pierre au rez-de-chaussée et pans de bois aux étages, avec un étal commercial ajouté ultérieurement, peut-être au XVIIe siècle.

La structure intérieure révèle une organisation typique des maisons marchandes : une pièce unique par niveau, desservie par un escalier en vis en bois, et des cheminées adossées au mur sud (sauf au second étage, où elle est déplacée vers l’ouest). Les analyses montrent que le pan de bois du second étage a été repris postérieurement, probablement au XVIIe siècle, tandis que des aménagements intérieurs (cloisons, cheminées modifiées) datent du XIXe siècle. Une étude de 2011 confirme la cohérence des dates de construction entre 1422 et 1426 pour l’essentiel de la charpente.

Les archives mentionnent qu’en 1670, la maison appartenait au recteur de Campénéac, François Le Goable, qui la loua à un charcutier (lardier). Des réparations furent commandées cette année-là à Gilles Michel, maître-maçon, pour la cheminée du rez-de-chaussée, suggérant une adaptation aux usages commerciaux. La cave, accessible autrefois par une échelle de meunier, conserve des traces de son usage médiéval, comme un jour d’éclairage taillé dans le massif de l’étal. Les armoires murales et les systèmes de fermeture des volets (rabats dans les murs) illustrent l’ingéniosité des aménagements domestiques de l’époque.

Classée Monument Historique en 1943 pour sa façade et sa toiture, la maison a fait l’objet de restaurations récentes (XXe-XXIe siècles), révélant des détails architecturaux comme les poutres supportant l’encorbellement à galandage ou les solives d’origine. La charpente du comble, partiellement conservée, montre une ferme de tête en torchis remplacée par de la brique au XXe siècle. Les latrines, partagées avec la maison voisine (n°17), étaient éclairées par un jour et accessibles via une porte aménagée au XIXe siècle.

Cette maison incarne l’évolution des habitats urbains bretons, mêlant fonctions résidentielle et commerciale. Son escalier en vis, ses cheminées à hotte oblique (dont une intacte au second étage), et ses menuiseries complexes reflètent à la fois le statut social de ses occupants – probablement des marchands aisés – et les adaptations successives aux besoins pratiques, du Moyen Âge à l’époque moderne.

Liens externes