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Manoir de Champagne dans la Sarthe

Manoir de Champagne

    10 La Fretinière
    72140 Rouez

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1188
Fondation de l’abbaye
1261
Consécration de l’église
XIVe siècle
Début du déclin
XVIe siècle
Régime de la commende
1791
Vente comme bien national
1932
Inscription aux monuments historiques
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Inscrit MH

Personnages clés

Foulques Riboul - Seigneur d’Assé et fondateur Initiateur de l’abbaye en 1188.
Geoffroy Freslon - Évêque du Mans Consacre l’église abbatiale en 1261.
Guy de Lavardin-Beaumanoir - Membre de la famille Beaumanoir Enterré dans l’abbaye avec son épouse.
Cardinal de Retz - Abbé commendataire Nommé par le roi au XVIe siècle.
Léonore d’Estampes de Valençay - Archevêque de Reims et abbé Abbé commendataire de Champagne au XVIIe.

Origine et histoire

Le manoir de Champagne, à l’origine une abbaye cistercienne, fut fondé en 1188 par Foulques Riboul, seigneur d’Assé. Ce dernier y installa des moines venus de l’abbaye de Savigny, profitant d’un site isolé mais riche en ressources hydriques (ruisseaux, étangs, source). L’abbaye, protégée par des seigneurs locaux, s’enrichit rapidement grâce à des dons et posséda des terres dans une cinquantaine de paroisses du Maine. L’église abbatiale, endommagée par les troupes de Philippe Auguste, fut reconstruite et consacrée en 1261 par l’évêque du Mans, Geoffroy Freslon.

L’abbaye servit aussi de nécropole pour des familles nobles, comme les Beaumanoir, dont Guy de Lavardin-Beaumanoir et son épouse Jeanne d’Estouteville y furent enterrés. À partir du XIVe siècle, son déclin s’amorça, accentué par la commende au XVIe siècle, où des abbés nobles (dont le cardinal de Retz) furent nommés par le roi. Malgré une tentative de réforme au XVIIe siècle avec l’adoption de l’étroite observance trappiste, l’abbaye périclita, ne comptant plus que huit moines à la Révolution.

Vendue comme bien national en 1791, l’abbaye fut presque entièrement détruite, sauf les ailes ouest et sud (cellier, cuisines, salle des convers), transformées en exploitation agricole. Rachat en 1899 par la famille Luzu, qui entreprit des restaurations à partir de 1981. Aujourd’hui, les vestiges classés (aile occidentale, porte d’entrée, pavillons du XVIIIe siècle) abritent une ferme-auberge, perpétuant son héritage.

Architecturalement, l’abbaye de Champagne était fille de Savigny et dépendait de cette filiation cistercienne. Parmi ses abbés commendataires, Léonore d’Estampes de Valençay, archevêque de Reims et abbé de Champagne, marqua son histoire. Les bâtiments restants, inscrits aux monuments historiques en 1932, illustrent son passé monastique et agricole.

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