Frise chronologique
1188
Fondation de l’abbaye
Fondation de l’abbaye
1188 (≈ 1188)
Par Foulques Riboul, seigneur d’Assé.
1261
Consécration de l’église
Consécration de l’église
1261 (≈ 1261)
Reconstruction après les dégâts de Philippe Auguste.
XIVe siècle
Début du déclin
Début du déclin
XIVe siècle (≈ 1450)
Réduction des domaines et crise monastique.
XVIe siècle
Régime de la commende
Régime de la commende
XVIe siècle (≈ 1650)
Abbés nommés par le roi, dont le cardinal de Retz.
1791
Vente comme bien national
Vente comme bien national
1791 (≈ 1791)
Destruction partielle, conservation des ailes ouest/sud.
1932
Inscription aux monuments historiques
Inscription aux monuments historiques
1932 (≈ 1932)
Aile occidentale, porte d’entrée et pavillons protégés.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Inscrit MH
Personnages clés
| Foulques Riboul - Seigneur d’Assé et fondateur |
Initiateur de l’abbaye en 1188. |
| Geoffroy Freslon - Évêque du Mans |
Consacre l’église abbatiale en 1261. |
| Guy de Lavardin-Beaumanoir - Membre de la famille Beaumanoir |
Enterré dans l’abbaye avec son épouse. |
| Cardinal de Retz - Abbé commendataire |
Nommé par le roi au XVIe siècle. |
| Léonore d’Estampes de Valençay - Archevêque de Reims et abbé |
Abbé commendataire de Champagne au XVIIe. |
Origine et histoire
Le manoir de Champagne, à l’origine une abbaye cistercienne, fut fondé en 1188 par Foulques Riboul, seigneur d’Assé. Ce dernier y installa des moines venus de l’abbaye de Savigny, profitant d’un site isolé mais riche en ressources hydriques (ruisseaux, étangs, source). L’abbaye, protégée par des seigneurs locaux, s’enrichit rapidement grâce à des dons et posséda des terres dans une cinquantaine de paroisses du Maine. L’église abbatiale, endommagée par les troupes de Philippe Auguste, fut reconstruite et consacrée en 1261 par l’évêque du Mans, Geoffroy Freslon.
L’abbaye servit aussi de nécropole pour des familles nobles, comme les Beaumanoir, dont Guy de Lavardin-Beaumanoir et son épouse Jeanne d’Estouteville y furent enterrés. À partir du XIVe siècle, son déclin s’amorça, accentué par la commende au XVIe siècle, où des abbés nobles (dont le cardinal de Retz) furent nommés par le roi. Malgré une tentative de réforme au XVIIe siècle avec l’adoption de l’étroite observance trappiste, l’abbaye périclita, ne comptant plus que huit moines à la Révolution.
Vendue comme bien national en 1791, l’abbaye fut presque entièrement détruite, sauf les ailes ouest et sud (cellier, cuisines, salle des convers), transformées en exploitation agricole. Rachat en 1899 par la famille Luzu, qui entreprit des restaurations à partir de 1981. Aujourd’hui, les vestiges classés (aile occidentale, porte d’entrée, pavillons du XVIIIe siècle) abritent une ferme-auberge, perpétuant son héritage.
Architecturalement, l’abbaye de Champagne était fille de Savigny et dépendait de cette filiation cistercienne. Parmi ses abbés commendataires, Léonore d’Estampes de Valençay, archevêque de Reims et abbé de Champagne, marqua son histoire. Les bâtiments restants, inscrits aux monuments historiques en 1932, illustrent son passé monastique et agricole.