Frise chronologique
1144
Fondation de l'église priorale
Fondation de l'église priorale
1144 (≈ 1144)
Première pierre posée par Geoffroy Plantagenêt.
XIIIe siècle
Campagne gothique angevine
Campagne gothique angevine
XIIIe siècle (≈ 1350)
Voûtes sur croisées d'ogives dans nef.
1356-1453
Guerre de Cent Ans
Guerre de Cent Ans
1356-1453 (≈ 1405)
Prieuré fortifié et incendié trois fois.
1680
Reconstruction conventuelle
Reconstruction conventuelle
1680 (≈ 1680)
Bâtiments sud et ouest rebâtis par les Génovéfains.
1790
Vente comme bien national
Vente comme bien national
1790 (≈ 1790)
Dispersion partielle des bâtiments et bibliothèque.
1964
Classement monument historique
Classement monument historique
1964 (≈ 1964)
Chapelle et cloître protégés par arrêté.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Classé MH
Personnages clés
| Geoffroy V d'Anjou (Plantagenêt) - Comte du Maine et fondateur |
Finança la construction en 1144. |
| Bertrand du Guesclin - Connétable de France |
Participe à la bataille de Pontvallain (1370). |
| Jean V de Bueil - Seigneur et militaire |
Défendit le prieuré contre les Anglais. |
| Marie du Bueil - Noble du XVe siècle |
Gisant dans le chœur de l'église. |
| René de Daillon du Lude - Prieur commendataire (1590-1600) |
Évêque de Bayeux, commanditaire de peintures. |
| André Pottier - Instituteur et restaurateur |
Acheta l'église en 1982 pour la restaurer. |
Origine et histoire
Le prieuré de Château-l'Hermitage, affilié à l'ordre de Saint-Augustin, fut fondé au XIIe siècle grâce aux dons de Geoffroy Plantagenêt, comte du Maine et d'Anjou. Son église priorale Notre-Dame, construite en deux campagnes (XIIe et XIIIe siècles), combine des éléments roman (tour-clocher de 42 m, chapelle nord) et gothique angevin (voûtes sur croisées d'ogives, nef basilicale). Les murs épais en grès roussard et les contreforts massifs reflètent son rôle défensif pendant la guerre de Cent Ans, période durant laquelle le prieuré fut fortifié (fossés, archères) et disputé entre Français et Anglais.
Pendant la guerre de Cent Ans (1356-1453), le prieuré, situé entre la Normandie anglaise et la vallée de la Loire royale, fut incendié à trois reprises et devint une place forte stratégique aux côtés de Sablé et Lavardin. Gilles de Rais et Jean de Bueil s'y affrontèrent, tandis que Bertrand du Guesclin y participa à la bataille de Pontvallain (1370). Les bâtiments conventuels, reconstruits au XVIIe siècle après la réforme des Augustins (congégation de France), abritaient une bibliothèque de 2 800 ouvrages en 1790. La Révolution dispersa une partie des biens : seuls subsistent une aile du cloître (classée en 1964), des peintures murales (XVe-XVIIe siècles), et des stalles sculptées.
L'église priorale, devenue paroissiale en 1842, conserve un mobilier exceptionnel : un confessionnal du XVIIe siècle, des statues classées (Vierge à l'Enfant, saint Denis), et un enfeu abritant le gisant de Marie du Bueil (XVe siècle), sœur de Jean V de Bueil. Les peintures murales, comme celle de saint Christophe (1606) ou la Vierge de Pitié, illustrent la dévotion locale. Le retable du XVIIIe siècle, inspiré de Poussin, et les vitraux complètent cet ensemble. Le prieuré, vendu comme bien national, fut partiellement restauré au XXe siècle par des propriétaires privés avant son acquisition par l'association diocésaine du Mans en 2000.
Les prieurs marquants incluent René de Daillon du Lude (1590-1600), évêque de Bayeux et abbé commendataire, dont le blason orne les peintures murales, et Gaspard de Daillon (1600-1632), conseiller du roi. Les revenus du prieuré provenaient de terres (La Boissière), de moulins (Morançais), et de droits seigneuriaux (pâturage en forêt de Bercé). Les archives mentionnent aussi des conflits avec le prieuré de Pontvallain pour des rentes en seigle, reflétant son importance économique dans le comté du Maine.
L'architecture du prieuré mêle fonctions religieuse et militaire : la chapelle nord, dotée de bouches à feu pour l'artillerie naïve du XVe siècle, côté les fossés encore visibles. Les bâtiments conventuels, reconstruits en 1680, adoptaient un style sobre (robes blanches des chanoines, cloître orné de palmes). La grille du XVIIIe siècle, séparant chanoines et laïcs, fut déplacée pour agrandir l'espace des fidèles. Aujourd'hui, le site témoigne de cette double histoire, entre spiritualité augustinienne et enjeux stratégiques de la guerre de Cent Ans.