Fortification anglaise 1327-1347 (≈ 1337)
Édouard III renforce le site pendant la guerre.
1374
Reprise par Jean de Vienne
Reprise par Jean de Vienne 1374 (≈ 1374)
Fin de l'occupation anglaise du manoir.
XIVe siècle
Maison forte citée
Maison forte citée XIVe siècle (≈ 1450)
Première mention d'une fortification sur le site.
XVe siècle
Construction des premiers bâtiments
Construction des premiers bâtiments XVe siècle (≈ 1550)
Origines du logis actuel et tours défensives.
XVIe siècle
Rénovations Renaissance
Rénovations Renaissance XVIe siècle (≈ 1650)
Ajout du donjon et des pavillons.
1600-1700
Aménagements finaux
Aménagements finaux 1600-1700 (≈ 1650)
Porte à fronton et pavillon ouest ajoutés.
5 décembre 1979
Inscription aux Monuments Historiques
Inscription aux Monuments Historiques 5 décembre 1979 (≈ 1979)
Protection des façades et toitures.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Façades, toitures et le porche d'entrée (cad. D 88) : inscription par arrêté du 5 décembre 1979
Personnages clés
Édouard III d'Angleterre - Roi d'Angleterre
Fortifia le site entre 1327 et 1347.
Jean de Vienne - Commandant français
Reprit le manoir aux Anglais en 1374.
Origine et histoire
Le manoir de Garnetot, situé à Rauville-la-Place dans la Manche, est une demeure dont les origines remontent au XVe siècle, profondément remaniée aux XVIe et XVIIe siècles. Il s’élève sur les vestiges d’une maison forte citée dès le XIVe siècle, transformée en poste fortifié par les Anglais pendant la guerre de Cent Ans. Après la reprise de la forteresse par Jean de Vienne en 1374, le site évolua en un manoir caractéristique du Cotentin, conservant des éléments défensifs comme cinq tours et des douves aujourd’hui remblayées.
L’édifice se compose d’un corps de logis en équerre, flanqué de pavillons et d’une tourelle datés du XVIe siècle. Une porte du XVIIe siècle, ornée d’un fronton interrompu par un blason, marque l’entrée principale. À l’est, un pavillon carré et une aile en saillie du XVe siècle, accessible par un passage voûté, complètent l’ensemble. Les façades, toitures et le porche d’entrée sont protégés depuis 1979 au titre des monuments historiques, témoignant de son importance patrimoniale.
Pendant la guerre de Cent Ans, le manoir de Garnetot servit de poste avancé pour les troupes anglaises stationnées au château de Saint-Sauveur-le-Vicomte, leur quartier général dans la région. Fortifié entre 1327 et 1347 sous Édouard III d’Angleterre, il fut repris en 1374 par Jean de Vienne, marquant un tournant dans la reconquête française du Cotentin. Ces événements militaires ont laissé des traces dans l’architecture, où se mêlent fonctions résidentielles et défensives.
Architecturalement, le manoir illustre la transition entre le Moyen Âge et la Renaissance. Les fenêtres à meneaux chanfreinés, les tours partiellement arasées et le donjon découronné reflètent cette dualité. La cour, fermée par des logis disposés en carré, s’ouvre par une double porte charretière et piétonne, vestige des aménagements médiévaux. Ces caractéristiques en font un exemple remarquable de l’adaptation des manoirs normands aux évolutions stratégiques et esthétiques.
Aujourd’hui, le manoir de Garnetot reste un témoignage des dynamiques historiques et architecturales de la Normandie. Son inscription partielle aux monuments historiques en 1979 souligne sa valeur patrimoniale, tout en invitant à découvrir un pan méconnu de l’histoire locale, entre occupations étrangères et héritage seigneurial.