Frise chronologique
1480
Propriété de Jehan Labbé
Propriété de Jehan Labbé
1480 (≈ 1480)
Première mention d’un propriétaire identifié.
XIIIe–XVIIe siècles
Période de possession par la famille Labbé
Période de possession par la famille Labbé
XIIIe–XVIIe siècles (≈ 1750)
Propriété familiale pendant cinq siècles.
XVIIe–XVIIIe siècles
Possession par la famille Trégouët
Possession par la famille Trégouët
XVIIe–XVIIIe siècles (≈ 1850)
Changement de propriétaires nobles locaux.
XIXe siècle
Remaniement du manoir
Remaniement du manoir
XIXe siècle (≈ 1865)
Transformation architecturale majeure.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Personnages clés
| Jehan Labbé - Propriétaire en 1480 |
Premier propriétaire documenté du manoir. |
| Famille Trégouët - Propriétaires (XVIIe–XVIIIe siècles) |
Dynastie noble locale liée au manoir. |
| Famille L’Estang du Rusquec - Propriétaires postérieurs |
Dernière famille noble mentionnée. |
Origine et histoire
Le manoir de La Bage de Trégouët, situé rue de l’Hôtellerie à Corseul, est une ancienne abbaye transformée en manoir et remaniée au XIXe siècle. Ce bâtiment historique a appartenu à des familles influentes de la région, dont les Labbé (du XIIIe au XVIIe siècle), les Trégouët (XVIIe–XVIIIe siècles), et les L’Estang du Rusquec. Son architecture reflète les transformations successives liées à ses différents propriétaires, intégrant des éléments médiévaux et modernes.
Corseul, où se dresse ce manoir, est une commune marquée par un patrimoine gallo-romain exceptionnel, notamment en tant qu’ancienne capitale des Coriosolites, un peuple gaulois. Le territoire local, riche en vestiges archéologiques comme le temple de Mars ou le quartier commercial de Monterfil, offre un cadre historique profond. Le manoir s’inscrit ainsi dans un paysage où se mêlent héritages antique, médiéval et rural, typique de la Bretagne intérieure.
La région de Corseul, dominée par une économie agricole et des activités artisanales, a vu son tissu social évoluer autour de manoirs comme celui de La Bage de Trégouët. Ces demeures servaient de centres administratifs ou résidentiels pour les familles nobles locales, jouant un rôle clé dans l’organisation féodale puis post-révolutionnaire. Le manoir, bien que moins documenté que les sites gallo-romains voisins, illustre cette transition entre pouvoir seigneurial et modernité rurale.
Aucune fouille archéologique ou étude détaillée ne semble avoir ciblé spécifiquement ce manoir, contrairement aux sites antiques de Corseul. Son histoire reste donc partiellement liée à celle des familles qui l’ont possédé, ainsi qu’à l’évolution générale de la commune, marquée par des recompositions territoriales (comme les cessions de villages à Plancoët en 1841) et des dynamiques économiques, notamment autour de l’extraction de granit et de l’agriculture.
Le contexte local au XIXe siècle, période des derniers remaniements du manoir, était celui d’une Bretagne rurale en mutation, avec le déclin des activités traditionnelles comme les fours banaux et l’émergence de nouvelles infrastructures, telles que les carrières de Brandefert. Corseul, bien que perdant une partie de son territoire, conservait une identité forte, ancrée dans son passé gallo-romain et son rôle de bourg central pour les communes environnantes.
Aujourd’hui, le manoir de La Bage de Trégouët s’intègre dans un paysage patrimonial diversifié, où cohabitent vestiges antiques, édifices religieux (comme l’église Saint-Pierre) et sites naturels. Son existence discrète contraste avec la renommée des sites archéologiques voisins, mais il reste un témoin des strates successives d’occupation et de pouvoir dans cette partie des Côtes-d’Armor.