Frise chronologique
Avant le XIIIe siècle
Construction initiale
Construction initiale
Avant le XIIIe siècle (≈ 1350)
Édification par un chevalier ou seigneur rural.
1698
Destructions post-Révocation
Destructions post-Révocation
1698 (≈ 1698)
Charpente probablement détruite après l’édit de Nantes.
XVIIe siècle
Transformation en grange
Transformation en grange
XVIIe siècle (≈ 1750)
Préservation par changement d’usage agricole.
XVIIIe siècle
Reconstruction de la charpente
Reconstruction de la charpente
XVIIIe siècle (≈ 1850)
Charpente actuelle datée de cette période.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Personnages clés
| Famille des Champagnes - Seigneurs de La Suze |
Liens supposés avec les célébrations calvinistes. |
| Philippe Bouton - Historien (1998) |
A étudié le logis dans un bulletin sarthois. |
| Marie Ève Scheffer - Chercheuse (2004) |
Experte de l’habitat seigneurial rural sarthois. |
Origine et histoire
Le manoir de la Perrière, construit avant le XIIIe siècle par un seigneur rural ou chevalier, illustre l’architecture médiévale anglo-saxonne avec ses trois nefs accolées. Situé à Voivres-lès-le-Mans (Sarthe), il servait initialement de logis seigneurial au sein d’une exploitation agricole. Sa structure, marquée par une grande salle sous charpente apparente et des ailes en appentis, reflète une organisation typique de l’époque, avec des cheminées alignées dans les murs gouttereaux.
La charpente actuelle, datée du XVIIIe siècle, aurait remplacé une structure antérieure détruite lors des troubles liés à la Révocation de l’édit de Nantes (1698). Le manoir est aussi associé à l’histoire protestante locale : la famille noble des Champagnes, seigneurs de La Suze, y aurait introduit des célébrations calvinistes. Son usage agricole ultérieur, notamment comme grange au XVIIe siècle, a paradoxalement permis sa préservation malgré les guerres.
Aujourd’hui désaffecté, le manoir fait l’objet de projets de sauvegarde portés par des universitaires et l’Association pour l’Étude du Patrimoine Sarthois. Les priorités incluent la réparation de la charpente et de la toiture, ainsi que des aménagements pour faciliter son accès. Un appel au mécénat a été lancé pour financer ces travaux, dans le cadre de la loi française sur le mécénat. Le site, occupé par des agriculteurs depuis près de mille ans, incarne l’adaptation permanente du patrimoine rural.
Des études historiques, comme celles de Philippe Bouton (1998) ou Marie Ève Scheffer (2004), soulignent son importance pour comprendre l’habitat seigneurial non châtelain de l’Ouest sarthois. Le manoir figure parmi les rares témoignages matériels de la petite aristocratie rurale des XIIe–XIVe siècles, justifiant les efforts pour sa mise en valeur et sa protection.