Origine et histoire du Manoir de Locmaria
Le manoir de Locmaria, situé au lieu-dit de Locmaria sur la commune de Carnoët (Côtes-d’Armor, Bretagne), est un monument historique inscrit avec ses dépendances. Son histoire remonte au moins au XIVe siècle, lorsqu’il appartenait à Jan Le Cerff et Catherine du Ménez. Au XVe siècle, il passa par héritage à Jan du Bois et Adelize du Vieuxchastel, puis changea de mains à travers les siècles via des alliances matrimoniales (famille de Lémo, de Cleuz du Gage, de Kerouarz). Confisqué comme bien national pendant la Révolution, il fut vendu. En 2008, le manoir à l’abandon fut racheté par Olivier Thomas, qui entreprit sa restauration intégrale en utilisant des techniques traditionnelles. Les fouilles révélèrent des objets datant du paléolithique (outils en pierre) et des XVe–XVIe siècles (poteries, armes, lissoirs), ainsi que des vestiges antiques comme une stèle gauloise et une fontaine-lavoir romaine. À proximité se trouvent une motte féodale, un moulin médiéval, et l’emplacement de l’ancienne chapelle de Locmaria (disparue), fondée par les seigneurs du manoir.
L’architecture du manoir, typique du centre-Bretagne, comprend un logis seigneurial, des communs (grange, écurie, poulailler), et une cour close par des murailles avec portails monumentaux. Le logis, construit en schiste, grès et granite, date du milieu du XVIIIe siècle (les communs portent la date de 1771), tandis qu’une tour carrée fut ajoutée au XIXe siècle. La salle à manger conserve des lambris Louis XVI et une cheminée en marbre noir. Le manoir fut partiellement incendié et restauré au XIXe siècle. Depuis 2008, Olivier Thomas restaure l’ensemble seul, en respectant les méthodes ancestrales. Le site inclut aussi un puits ancien, un vallum gaulois, et des traces de la chapelle Notre-Dame de Pentrau, dont le calvaire fut déplacé.
Le manoir fut inscrit aux monuments historiques par arrêté du 20 décembre 2019 pour ses façades, toitures, escalier et salle à manger. Une première protection partielle datait de 1985. Les découvertes archéologiques (armes médiévales, objets gallo-romains) et la présence de structures féodales environnantes (motte, moulin) en font un site majeur pour l’étude de l’occupation humaine en Bretagne, du paléolithique à l’époque moderne. Des publications dans des revues locales (Kaier ar Poher, Maisons Paysannes de France) et des articles de presse (Ouest-France, Le Télégramme) documentent son histoire et sa restauration, saluée par des distinctions comme une médaille d’or en 2015.