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Manoir de Mézaubran à Minihy-Tréguier en Côtes-d'Armor

Manoir de Mézaubran

    1 Mezobran
    22220 Minihy-Tréguier
Propriété privée

Frise chronologique

Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
vers 1400
Construction partielle du logis
1600-1650
Construction de la chapelle
milieu XVIe siècle
Ajout de la remise à arcades
1920
Incendie du logis
20 janvier 1926
Inscription aux Monuments Historiques
années 1970
Destruction de la métairie
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Manoir de Mézaubran (cad. ZE 73) : inscription par arrêté du 20 janvier 1926

Personnages clés

Famille Le Gualès - Ancien propriétaire Famille seigneuriale liée au manoir
Jacques Briand - Historien local Études sur le fief de Mézobran

Origine et histoire

Le manoir de Mézaubran, situé à Minihy-Tréguier dans les Côtes-d’Armor (Bretagne), est un ensemble architectural mêlant résidence seigneuriale et exploitation agricole. Datant partiellement du XVe siècle, il conserve des éléments gothiques comme des baies quadrilobées, tandis que des ajouts des XVIe et XVIIe siècles (remise à arcades, chapelle dédiée à saint Joseph d’Arimathie, escalier en vis) illustrent son évolution stylistique entre Moyen Âge et Renaissance. Le logis en équerre, flanqué d’une tour d’escalier et d’une cheminée monumentale, témoigne de son statut social passé.

Ancienne propriété de la famille Le Gualès, le manoir est inscrit aux Monuments Historiques depuis le 20 janvier 1926. Son organisation spatiale inclut une cour fermée, un colombier (aujourd’hui détruit), un puits orné de motifs renaissance, et une chapelle du XVIIe siècle. Le domaine s’étendait sur 34 hectares, avec des parcelles dédiées à l’agriculture, aux jardins et aux pâturages, reflétant une économie rurale autarcique. Le logis, partiellement reconstruit après un incendie en 1920, a fait l’objet de restaurations au XXe siècle pour retrouver son aspect d’origine.

L’architecture du manoir combine schiste et granite, avec des détails transitionnels entre gothique (accolades, pinacles) et Renaissance (lucarnes à fronton, chapiteaux sculptés). La porte principale, datable vers 1520-1560, arbore une accolade à feuillages et un fleuron, tandis que la galerie à colonnes et le puits sculpté d’un ange monolithe illustrent l’influence renaissante. La chapelle, les dépendances (étable, remise) et les talus-murs bordant les chemins complètent cet ensemble, typique des manoir bretons à vocation à la fois résidentielle et productive.

Le site, initialement clos de murs, était stratégiquement implanté près du Jaudy, offrant ressources en eau (fontaine, puits) et terres fertiles. Les états de section du cadastre de 1835 détaillent son organisation parcellaire, avec des noms en breton comme ar chlos (jardin) ou parc an graouen (labour), soulignant son ancrage local. Malgré la destruction de la métairie dans les années 1970 et la perte du colombier, le manoir reste un exemple remarquable de patrimoine rural breton, alliant fonctionnalité agricole et prestige architectural.

Les campagnes photographiques (1966, 1973-1974) et les études, comme celles de Jacques Briand sur le fief de Mézobran, documentent son histoire. La restauration récente (post-1973) a visé à retrouver son état d’origine, malgré les transformations liées à son usage comme ferme. Aujourd’hui, le manoir de Mézaubran incarne la persistance d’un modèle seigneurial adapté aux besoins économiques et sociaux de la Bretagne d’Ancien Régime.

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