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Manoir de Pech Godou à Belvès en Dordogne

Patrimoine classé
Demeure seigneuriale
Manoir

Manoir de Pech Godou

    652 Pech Gaudou
    24170 Pays de Belvès
Propriété privée
Manoir de Pech Godou
Manoir de Pech Godou
Manoir de Pech Godou
Crédit photo : MOSSOT - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
XIIe siècle
Construction du donjon
1468
Propriété des Commarque
décembre 1577
Attaque de Saint-Avit-Sénieur
1577
Réception d'Henri de Navarre
XIXe siècle
Transformation de la cour
23 février 1981
Inscription Monument Historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Les façades et les toitures (cad. B 397) : inscription par arrêté du 23 février 1981

Personnages clés

Annet de Commarque - Seigneur protestant et homme d’armes Organisa l’attaque de Saint-Avit-Sénieur en 1577.
Henri de Navarre (Henri IV) - Roi de Navarre puis de France Reçu au manoir en 1577.
Pierre de Commarque - Seigneur de Pech Godou (XVe siècle) Propriétaire en 1468.

Origine et histoire

Le manoir de Pech Godou, également appelé Pech Gaudou ou Pechgaudou, est un repayrium nobile (maison forte périgourdine) implanté sur la commune de Belvès, en Dordogne. Son nom pourrait dériver de « Pech Godame » (« colline des Anglais »), évoquant une occupation anglaise pendant la guerre de Cent Ans. Dès le XIIe siècle, un donjon carré y surveillait la vallée de la Nauze. Au XIVe siècle, un corps de logis fut adjoint à l’ouest, complété par une tour d’escalier à mâchicoulis et une échauguette. Ces aménagements reflètent son rôle défensif pendant les conflits médiévaux, notamment face aux Anglais.

Au XVIe siècle, le manoir appartenait à la famille de Commarque, engagée dans les guerres de Religion aux côtés des protestants. En 1577, Annet de Commarque, sieur des lieux, y reçut Henri de Navarre (futur Henri IV) avant de mener, sur ordre de ce dernier, une attaque surprise contre l’abbaye catholique de Saint-Avit-Sénieur. Cet épisode illustre les tensions confessionnelles de l’époque : après avoir pénétré le fort sous couvert d’amitié, Commarque fit massacrer les chanoines et piller l’église. Poursuivi pour ces actes, il fut finalement amnistié par l’édit de pacification. Le manoir, remodelé aux XVIe et XIXe siècles (ajout de baies, cour intérieure, toiture à la Mansart), fut classé Monument Historique en 1981.

Architecturalement, le site combine des éléments médiévaux (donjon, échauguette) et des transformations ultérieures. Au XIXe siècle, une aile de communs et une cour fermée furent ajoutées, tandis que des bâtiments annexes, aujourd’hui ruinés, complétaient l’ensemble. La propriété incarne ainsi près de huit siècles d’histoire périgourdine, marquée par les conflits féodaux, la guerre de Cent Ans et les guerres de Religion. Son inscription au titre des monuments historiques souligne sa valeur patrimoniale, liée à la fois à son architecture et à son rôle dans les luttes locales.

Liens externes