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Manoir du Buleu en Mayenne

Mayenne

Manoir du Buleu

    1 Buleu
    53440 Marcillé-la-Ville

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1189
Première mention écrite
1367
Mention féodale
1469
Aveu de G. de Pannard
1483
Fondation de la chapelle
1790
Vente révolutionnaire des terres
XIXe siècle
Déclin et abandon
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Guillaume de Pannard - Seigneur de Buleu (XVe siècle) Fonda la chapelle en 1483.
Jeanne de Chantepie - Épouse de Guillaume de Pannard Cofondatrice de la chapelle.
Jean-René de Chappedelaine - Dernier seigneur connu Propriétaire en 1790, inspiré un roman.
Marie Paillot - Acquéreuse des terres en 1790 Veuve de René de Bazogers.
Frédéric Soulié - Auteur du roman *Huit jours au château* S’inspira du manoir et des Chappedelaine.

Origine et histoire

Le manoir du Buleu, situé à Marcillé-la-Ville en Mayenne, est une ancienne seigneurie dotée de haute justice, vassale d'Aron et en arrière-fief de Mayenne. Son histoire remonte au moins au XIIe siècle, comme en témoignent les mentions de H. de Bullo en 1189 et G. de Bulou en 1367. Le site inclut une motte seigneuriale conservée, des étangs, une forêt, et un moulin, reflétant son importance économique et stratégique. Une meule gallo-romaine découverte à proximité suggère une occupation bien plus ancienne, peut-être liée à un établissement de cette époque.

Au XVe siècle, le manoir est décrit en détail dans l’aveu de G. de Pannard (1469) : cour, hébergement, étangs (dont l’étang des Contendars), garenne, forêt de deux lieues de long, et bruyères. Les seigneurs, comme la famille des Chappedelaine, y exerçaient des droits féodaux, incluant la présentation de la chapelle Saint-Jean-Baptiste, fondée en 1483 par Guillaume de Pannard et Jeanne de Chantepie. Cette chapelle, reconstruite au XVIe siècle, subsistait encore à la fin du XIXe siècle, malgré des usages profanes.

Le déclin du manoir s’amorce à la fin du XVIIIe siècle, comme le note Pierre-François Davelu : « Tout est miné, château et chapelle ». En 1790, la forêt et les landes de Buleu sont adjugées à Marie Paillot (veuve de René de Bazogers) et Jean-René de Chappedelaine, dernier seigneur connu. Au XIXe siècle, le logis, partiellement démoli, est abandonné aux fermiers. Il conservait alors un escalier en pierre, des tours basses à encorbellement, et un fragment de statue en tuffeau représentant saint Jean-Baptiste. Le site inspire aussi le roman Huit jours au château (1844) de Frédéric Soulié, évoquant les rivalités et la vie aventureuse des Chappedelaine.

Le manoir du Buleu illustre l’évolution d’une seigneurie médiévale, marquée par son rôle judiciaire, ses ressources naturelles (bois, étangs, terres), et son déclin post-révolutionnaire. Son paysage de buttes et de forêts, ainsi que les vestiges architecturaux (motte, chapelle, tours), en font un témoignage rare de l’histoire féodale et rurale de la Mayenne. La mention d’une meule gallo-romaine et les archives médiévales soulignent sa profondeur historique, bien au-delà de la période seigneuriale.

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