Frise chronologique
XVe siècle
Première occupation attestée
Première occupation attestée
XVe siècle (≈ 1550)
Famille Madeuc occuperait le site selon les sources.
XVIe siècle
Structure initiale
Structure initiale
XVIe siècle (≈ 1650)
Deux salles et tour d’escalier nord.
Première moitié du XVIIe siècle
Agrandissement en L
Agrandissement en L
Première moitié du XVIIe siècle (≈ 1725)
Tour transformée en pavillon d’habitation.
Seconde moitié du XVIIe siècle
Extension du logis
Extension du logis
Seconde moitié du XVIIe siècle (≈ 1775)
Façade modifiée, étage supplémentaire au nord.
XVIIIe siècle
Réaménagements intérieurs
Réaménagements intérieurs
XVIIIe siècle (≈ 1850)
Plancher clouté, boiseries, nouvelle baie.
1996
Première restauration
Première restauration
1996 (≈ 1996)
Réhabilitation du logis en ferme.
2008–présent
Restauration complète
Restauration complète
2008–présent (≈ 2008)
Transformation en résidence d’artistes.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Personnages clés
| Famille Madeuc - Premiers occupants (XVe siècle) |
Donne son nom au manoir. |
| Famille Lenfant - Propriétaire (XVIe siècle) |
Période de la structure initiale. |
| Famille Jan - Propriétaire (XVIIe–XVIIIe siècles) |
Responsable des agrandissements majeurs. |
| Hinguant de Saint-Maur - Propriétaire (XVIIIe siècle) |
Armoiries visibles sur le fronton. |
| Frottier de la Messelière - Historien local |
Source citée pour l’histoire du manoir. |
Origine et histoire
Le manoir du Plessix-Madeuc, situé à Corseul dans les Côtes-d'Armor, est un édifice dont l’origine remonte au moins au XVe siècle, bien que des vestiges gallo-romains (tegulae, imbrice, céramiques) attestent d’une occupation antérieure du site. Le terme plessix, issu du latin plectere (entrelacer), désigne à l’origine une clôture ou une fortification, puis une demeure seigneuriale. Le nom Madeuc (ou Madec), signifiant « bon » en breton, renvoie à une ancienne famille bretonne ayant occupé les lieux dès le XVe siècle, suivie par les Lenfant (XVIe), les Jan (XVIIe–XVIIIe) et les Hinguant de Saint-Maur (XVIIIe).
La structure actuelle, en forme de T, résulte de campagnes d’agrandissement successives. Au XVIe siècle, le manoir se limite à deux salles et une tour d’escalier nord, transformée en pavillon d’habitation au XVIIe siècle, formant un plan en L. Une seconde campagne dans la deuxième moitié du XVIIe siècle prolonge le logis vers l’est, modifiant la façade sud (quatre travées, toiture à quatre pans) et ajoutant un étage supplémentaire au nord pour affirmer le prestige seigneurial. Des éléments architecturaux, comme les cheminées à épaulement inspirées des demeures malouines ou le puits à charpente en carène inversée (XVIIIe siècle), témoignent de ces évolutions.
Au XVIIIe siècle, l’intérieur est réaménagé : un plancher clouté « à la malouine », des boiseries dans le salon, et une nouvelle baie pour éclairer la pièce. Le XIXe siècle voit des aménagements mineurs, avant que le manoir ne devienne une ferme au XXe siècle. Restauré en 1996 puis entièrement réhabilité à partir de 2008, il accueille aujourd’hui une résidence pour jeunes artistes. Parmi ses particularités, on note des réemplois de matériaux antiques (briques, colonne de marbre) et une girouette disparue, autrefois sommant la toiture.
Le manoir illustre l’évolution architecturale des demeures seigneuriales bretonnes, mêlant héritage gallo-romain, influences malouines et symboles de pouvoir local. Son inscription à l’inventaire général du patrimoine culturel souligne sa valeur historique et patrimoniale.