Reconstruction du manoir 1653 (≈ 1653)
Antoine de Costes de La Calprenède rebâtit après destruction.
XVIIIe siècle
Création du jardin à la française
Création du jardin à la française XVIIIe siècle (≈ 1850)
Louis-Antoine Gabriel de La Calprenède dessine les premiers jardins.
XIXe siècle
Transformation en jardin à l'anglaise
Transformation en jardin à l'anglaise XIXe siècle (≈ 1865)
Abandon des principes classiques pour un style naturel.
Années 1960
Restauration des jardins à la française
Restauration des jardins à la française Années 1960 (≈ 1960)
Gilles Sermadiras recrée les jardins historiques.
1986
Inscription aux monuments historiques
Inscription aux monuments historiques 1986 (≈ 1986)
Protection des jardins et du manoir.
1987
Ouverture au public
Ouverture au public 1987 (≈ 1987)
Les jardins deviennent accessibles aux visiteurs.
2005
Label Jardin remarquable
Label Jardin remarquable 2005 (≈ 2005)
Reconnaissance officielle de leur qualité.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Le manoir en totalité avec ses communs, dépendances et ses jardins (cad. AR 69, 71 à 78, 82, 84, 88, 89, 103 à 106, 146) : inscription par arrêté du 30 juin 2016
Personnages clés
Antoine de Costes de La Calprenède - Conseiller au présidial de Sarlat
Rebâtit le manoir en 1653 après destruction.
Louis-Antoine Gabriel de La Calprenède - Contrôleur général des monnaies
Le manoir d'Eyrignac, situé à Salignac-Eyvigues en Dordogne (Nouvelle-Aquitaine), trouve ses origines au XVIIe siècle. Un premier castel médiéval, détruit pendant la Fronde des Princes (1648-1653) pour sa fidélité à Louis XIV, est remplacé en 1653 par un manoir édifié par Antoine de Costes de La Calprenède, conseiller au présidial de Sarlat. Ce dernier, fidèle à la couronne, voit son domaine pillé par les troupes du Grand Condé en représailles. Le manoir actuel, sobre et équilibré, date de cette reconstruction post-conflit.
Au XVIIIe siècle, Louis-Antoine Gabriel de La Calprenède, arrière-petit-fils d'Antoine et contrôleur général des monnaies sous Louis XV, transforme radicalement le domaine en y aménageant un jardin à la française. Inspiré des villas italiennes, ce jardin reflète l’influence des grands modèles classiques de l’époque, avec des perspectives géométriques et des parterres structurés. Ce choix stylistique marque le début d’une évolution paysagère majeure pour Eyrignac.
Le XIXe siècle voit l’abandon des principes classiques au profit d’un jardin à l’anglaise, tendance dominante en Europe à cette période. Les aménagements réguliers laissent place à des paysages plus naturels et pittoresques, effaçant partiellement les traces des jardins précédents. Ce remaniement radical répond aux nouveaux canons esthétiques prônant une nature plus « sauvage » et moins maîtrisée.
Dans les années 1960, Gilles Sermadiras, nouveau propriétaire, entreprend une restauration audacieuse en revenant aux jardins à la française. Rejetant les plans des paysagistes, il fouille lui-même le terrain pour retrouver les vestiges des anciens jardins (murets, escaliers, bassins). Avec son fils Patrick, il recrée un jardin de topiaires unique, mêlant influences italiennes, françaises du Grand Siècle et médiévales. Ce projet aboutit à l’ouverture au public en 1987, avec des éléments emblématiques comme l’allée des Charmes ou le jardin blanc.
Les jardins d’Eyrignac se distinguent par leur harmonie stylistique et leur maîtrise de l’art topiaire. Classés Jardin remarquable depuis 2005 et protégés au titre des monuments historiques depuis 1986, ils exposent 300 sculptures végétales et 50 000 plants d’ifs, buis et charmes. Leur originalité réside dans la fusion des styles (Renaissance italienne, français classique, médiéval) et des couleurs dominées par le vert, rehaussé de blanc et de rouge. Le domaine, d’une superficie de 200 hectares, attire 80 000 visiteurs annuels (2022).
Parmi les éléments marquants, on compte la pagode chinoise (inspiration asiatique), le jardin français (parterre de buis en arabesque), le vivier (bassin rappelant les jardins italiens), et le jardin blanc, dernier projet de Gilles Sermadiras. Ce dernier, inspiré des giardini segreti de la Renaissance, se caractérise par ses fontaines et ses broderies de buis. Le potager et le jardin fleuriste complètent cet ensemble, alliant utilité et esthétique. Les jardins sont également connus pour leurs pique-niques blancs estivaux, tradition lancée par les propriétaires.
Architecturalement, le manoir se compose d’un logis rectangulaire à deux niveaux, couvert d’ardoises, précédé d’une cour avec deux pavillons carrés. Les communs, partiellement couverts de lauzes, forment deux ailes perpendiculaires. Le jardin s’organise autour de deux axes perpendiculaires : l’allée des Charmes (100 mètres, est-ouest) et le jardin français (perspective sud). Ces axes structurent l’espace, créant une symétrie typique des jardins classiques.
Distingués par plusieurs prix, dont le Prix Jardins d’Exception EBTS France en 2010, les jardins d’Eyrignac font partie des Plus Beaux Jardins de France. Leur entretien exemplaire est salué par des experts comme Alain Baraton, jardinier en chef de Versailles, qui souligne leur grandeur naturelle malgré une maîtrise rigoureuse. Le domaine illustre ainsi la pérennité des jardins historiques, réinterprétés avec créativité au XXe siècle.
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Les jardins sont classés « Jardin remarquable ». Ils font également partie de l'association « Les Plus Beaux Jardins de France ».
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