Frise chronologique
février 1939
Ouverture du camp
Ouverture du camp
février 1939 (≈ 1939)
Accueil des réfugiés espagnols fuyant la guerre civile.
mars 1939
Pic d’internement
Pic d’internement
mars 1939 (≈ 1939)
16 000 Espagnols internés à Septfonds.
24 août 1942
Déportation vers Auschwitz
Déportation vers Auschwitz
24 août 1942 (≈ 1942)
84 Juifs du 302e G.T.E. envoyés à Drancy.
nuit du 2 au 3 septembre 1942
Seconde déportation massive
Seconde déportation massive
nuit du 2 au 3 septembre 1942 (≈ 1942)
211 Juifs raflés déportés vers Auschwitz.
août 1944 - mai 1945
Internement des collaborateurs
Internement des collaborateurs
août 1944 - mai 1945 (≈ 1945)
500 personnes accusées de collaboration détenues.
juillet 1946
Fermeture définitive
Fermeture définitive
juillet 1946 (≈ 1946)
Fin de l’utilisation du camp comme centre pénitentiaire.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
La parcelle portant le mémorial ainsi que le réservoir d'eau du camp qui s'y trouve (cad. A2 322, lieudit Fombal de l'Eglise) : inscription par arrêté du 9 septembre 2011
Personnages clés
| Governement Daladier - Décideur politique |
Ordonna la création du camp en 1939. |
| Marie Piqué - Fille de républicains espagnols |
Opposante au projet de porcherie en 2018. |
| Jean-Paul Rivière - Président FNSEA Tarn-et-Garonne |
Soutien controversé du projet agricole en 2018. |
| Isaac Kitrosser - Photojournaliste et résistant |
Interné au camp, connu pour ses clichés. |
Origine et histoire
Le Mémorial du Camp de Judes à Septfonds rend hommage à un camp d’internement créé en février 1939 pour accueillir des réfugiés espagnols fuyant la guerre civile. Situé à 5 km de Caussade, dans le Tarn-et-Garonne, ce camp fut initialement conçu pour désengorger les Pyrénées-Orientales, hébergeant jusqu’à 16 000 Espagnols en mars 1939. Les autorités locales, craignant des tensions, déployèrent plus de 1 000 gardes et choisirent la gare isolée de Borredon pour éviter tout contact avec la population.
Entre mars 1939 et février 1940, le camp devint un lieu d’organisation culturelle et politique pour les internés espagnols, avec des théâtres, orchestres et ateliers. Le gouvernement encouragea leur intégration économique en les embauchant comme ouvriers agricoles ou en les transférant vers des camps industriels. À partir de mars 1940, le site servit de centre de démobilisation pour des volontaires étrangers, dont des Polonais, avant d’être réutilisé par le régime de Vichy pour interner des Juifs et des opposants.
De janvier 1941 à juillet 1942, le camp devint un centre de triage pour « étrangers en surnombre », puis un lieu de rassemblement avant la déportation. En août 1942, 84 Juifs du 302e Groupe de Travailleurs Étrangers (G.T.E.) furent envoyés à Auschwitz via Drancy. Deux semaines plus tard, 211 Juifs raflés en Tarn-et-Garonne subirent le même sort. Après la Libération, le camp servit à détenir des collaborateurs (1944-1945), puis des prisonniers jusqu’à sa fermeture définitive en juillet 1946.
Aujourd’hui, seuls quelques vestiges subsistent, dont un réservoir d’eau et une parcelle protégée depuis 2011. Un mémorial, érigé en 1996, perpétue la mémoire des internés. En 2018, un projet controversé d’extension d’une porcherie près du site suscita une mobilisation citoyenne, soulignant les enjeux de préservation de ce lieu chargé d’histoire.
Le camp de Septfonds illustre les politiques répressives françaises entre 1939 et 1946, passant de l’accueil des réfugiés espagnols à la collaboration avec l’occupant nazi, puis à l’épuration post-Libération. Son histoire reflète les contradictions d’une époque marquée par l’exclusion, la résistance et les traumatismes de la Seconde Guerre mondiale.