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Menhirs à Avrillé en Vendée

Menhirs

    16 Rue de la Pierre
    85440 Avrillé
Propriété privée
Crédit photo : Stephanbloch - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Âge du Fer
Antiquité
Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
100 av. J.-C.
0
1600
1700
1800
1900
2000
entre 4708 et 4498 av. J.-C.
Datation alignement G2 bis
entre 3356 et 2926 av. J.-C.
Datation alignement G2
fin XVIe siècle
Construction château de la Guignardière
1889
Classement Monument Historique
années 1990
Fouilles archéologiques
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Menhirs numéros 1, 2 et 3 (cad. B4 568) : classement par liste de 1889

Personnages clés

Gérard Benéteau - Archéologue Dirigea les fouilles des années 1990.
Henri IV - Roi de France (1589–1610) Laird trouvé lors des fouilles.

Origine et histoire

Les alignements du Bois du Fourgon, situés à Avrillé en Vendée (Pays de la Loire), forment un complexe mégalithique daté du Néolithique. Ce site comprend quatre alignements de menhirs (G1, G2, G2 bis, G3), un dolmen, un coffre mégalithique, des carrières et plusieurs tumuli, dont un entouré d’un fossé. La localisation dans un bois enclavé, intégré au domaine du château de la Guignardière (XVIe siècle), a favorisé sa conservation. Trois menhirs de l’alignement G2 sont classés Monuments Historiques depuis 1889.

Les fouilles menées par Gérard Benéteau et son équipe dans les années 1990 ont révélé de nouveaux menhirs et alignements, ainsi que des traces d’activités néolithiques. L’alignement G1, à l’est, comptait initialement un grand menhir de 6 m et des blocs associés, dont deux (nos 1 et 2) ont été identifiés comme des menhirs anthropomorphes après redressement. Le menhir no 2, soigneusement bouchardé, présente une forme humaine. Un bloc triangulaire non reconnu comme menhir suggère une construction antérieure détruite lors de l’édification de l’alignement.

L’alignement G2, à 63 m au sud-ouest de G1, comprend cinq menhirs, dont quatre visibles avant fouille. Des structures en fosse et des outils (dont un liard d’Henri IV) indiquent un démantèlement partiel, probablement lié à la construction du château voisin. Quatre menhirs présentent des traits anthropomorphes, avec des matériaux variés (granit local, grès importé à 2,5 km). Les pierres de calage proviennent de sources locales (quartz, aplite). Les datations au C14 placent l’alignement G2 entre 3356 et 2926 av. J.-C. (Néolithique récent), confirmées par des céramiques décorées.

L’alignement G2 bis, découvert en 2009-2010, compte trois petits menhirs, dont un anthropomorphe. G3, à l’ouest, comprend cinq blocs de granite (hauteur : 0,60 m à 3 m) non fouillés. Le mobilier archéologique (silex, céramiques, outils en fibrolithe) atteste d’activités néolithiques sur le site. Des charbons de bois datés entre 4708 et 4498 av. J.-C. (G2 bis) et des vases typiques du Néolithique moyen Atlantique ont été retrouvés, soulignant l’importance rituelle et funéraire du site.

Le site a livré des objets lithiques (grattoirs, armatures de flèche) en silex côtier ou importé (quartzite de Montbert), ainsi que des tessons de poteries lissées ou incisées. Ces découvertes, associées aux fosses de calage et aux foyers, éclairent les techniques de construction et les pratiques culturelles des communautés néolithiques. Le démantèlement partiel de certains menhirs, peut-être pour la construction du château, illustre les réutilisations ultérieures des matériaux mégalithiques.

Classé dès 1889, le site du Bois du Fourgon reste un témoignage majeur du mégalithisme atlantique, étudié par des archéologues comme Gérard Benéteau. Ses alignements, orientés nord-sud, et ses structures funéraires (tumulus, dolmen) reflètent une organisation spatiale et symbolique complexe, liée aux croyances et à l’organisation sociale des populations néolithiques de la région.

Liens externes