Conception des entrées 1900 (≈ 1900)
Guimard dessine les accès pour l'Exposition universelle.
19 juillet 1900
Inauguration partielle
Inauguration partielle 19 juillet 1900 (≈ 1900)
Première ligne ouverte avec balustrades Guimard.
1903
Rupture avec la CMP
Rupture avec la CMP 1903 (≈ 1903)
Fin de la collaboration après des conflits.
1913
Fin des installations
Fin des installations 1913 (≈ 1913)
Dernières entrées Guimard posées avant l'abandon.
12 février 2016
Protection officielle
Protection officielle 12 février 2016 (≈ 2016)
Inscription à l'Inventaire des monuments historiques.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Entourage de l'accès situé place des Ternes, face au n°2 (élément non cadastré, se situant face à la parcelle cadastrale AY 4) : inscription par arrêté du 12 février 2016
Personnages clés
Hector Guimard - Architecte
Créateur des entrées Art nouveau du métro.
Adrien Bénard - Président de la CMP
Aura peut-être soutenu le choix de Guimard.
Joseph Cassien-Bernard - Architecte rival
A conçu des entrées néoclassiques alternatives.
Origine et histoire
L’entrée de métro de la station Europe, située rue de Madrid dans le 8e arrondissement de Paris, a été conçue en 1900 par l’architecte Hector Guimard (1867-1942) dans le cadre du projet d’embellissement des accès au réseau du métropolitain parisien. Ce monument s’inscrit dans le mouvement Art nouveau, caractérisé par des lignes courbes, des motifs végétaux stylisés et l’utilisation de matériaux modernes comme la fonte, le verre et la lave émaillée. Guimard, bien que n’ayant pas remporté le concours initial organisé par la Compagnie du chemin de fer métropolitain de Paris (CMP), fut finalement choisi pour réaliser ces entrées, probablement grâce à ses relations et à son prestige acquis avec des réalisations antérieures comme le Castel Béranger.
Les entrées de métro Guimard se déclinent en plusieurs modèles : des édicules couverts (modèles A et B), des pavillons plus imposants (comme ceux de Bastille ou Étoile), et des entourages simples composés de balustrades en fonte et de candélabres ornés d’enseignes « Métropolitain ». Le style de Guimard, marqué par des formes organiques et une recherche d’harmonie entre structure et décor, a suscité des controverses dès son apparition. Certains y voyaient une rupture esthétique trop audacieuse, tandis que d’autres saluaient son originalité. Les matériaux, comme la lave émaillée verte et orange ou les verrines en verre soufflé, étaient choisis pour leur durabilité et leur effet visuel.
La réalisation des entrées fut rapide pour répondre à l’urgence de l’inauguration du métro avant l’Exposition universelle de 1900. Cependant, les tensions entre Guimard et la CMP, notamment sur les coûts et la propriété des modèles, conduisirent à une rupture en 1903. Malgré cela, les entrées continuèrent d’être installées jusqu’en 1913. Après la Première Guerre mondiale, l’Art nouveau tomba en désuétude, et de nombreuses entrées Guimard furent détruites ou remplacées par des modèles plus sobres, comme ceux de l’architecte Joseph Cassien-Bernard. Seuls 86 des 167 ouvrages originaux subsistent aujourd’hui, protégés depuis 1978 au titre des Monuments historiques.
La station Europe, comme d’autres, bénéficie d’un entourage à écussons typique, avec ses candélabres en forme de « brins de muguet » et ses enseignes en lave émaillée. Ces éléments, restaurés à partir des années 1960, sont devenus des symboles du patrimoine parisien. Leur préservation reflète un regain d’intérêt pour l’Art nouveau et le génie créatif de Guimard, dont les entrées de métro restent l’œuvre la plus célèbre. Aujourd’hui, elles attirent autant les amateurs d’histoire que les touristes, incarnant l’esprit innovant de la Belle Époque.
L’entrée de la station Europe, protégée par arrêté du 12 février 2016, fait partie des rares exemples encore visibles de ce patrimoine. Son design, à la fois fonctionnel et artistique, témoigne de la volonté de Guimard de marier industrie et esthétique, une vision avant-gardiste pour l’époque. Les matériaux d’origine, comme les panneaux de lave émaillée ou les fontes moulées, ont été préservés ou restaurés pour conserver l’authenticité de ces œuvres, aujourd’hui indissociables de l’identité visuelle de Paris.
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