Frise chronologique
1900
Conception par Hector Guimard
Conception par Hector Guimard
1900 (≈ 1900)
Guimard dessine les entrées du métro parisien.
19 juillet 1900
Inauguration des premières stations
Inauguration des premières stations
19 juillet 1900 (≈ 1900)
Ouverture partielle de la ligne 1.
1904
Inauguration de la ligne 3
Inauguration de la ligne 3
1904 (≈ 1904)
Ouverture de la station Temple.
1913
Fin des installations Guimard
Fin des installations Guimard
1913 (≈ 1913)
Dernières entrées posées avant l’abandon.
29 mai 1978
Protection des entrées Guimard
Protection des entrées Guimard
29 mai 1978 (≈ 1978)
Inscription aux Monuments historiques.
12 février 2016
Protection de l’entourage Temple
Protection de l’entourage Temple
12 février 2016 (≈ 2016)
Arrêté d’inscription spécifique.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Entourage de l'accès situé à l'angle de la rue du Temple et de la rue de Turbigo (élément non cadastré, se situant face à la parcelle cadastrale AF 104) : inscription par arrêté du 12 février 2016
Personnages clés
| Hector Guimard - Architecte |
Concepteur des entrées Art nouveau. |
| Adrien Bénard - Président de la CMP |
Aura peut-être soutenu Guimard. |
| Eugène Gillet - Artisan émailleur |
Fournisseur des panneaux de lave émaillée. |
| Joseph Cassien-Bernard - Architecte rival |
A conçu des entrées néoclassiques. |
Origine et histoire
L’entrée de métro de la station Temple, située à Paris dans le 3e arrondissement, a été conçue en 1900 par l’architecte Hector Guimard pour la Compagnie du chemin de fer métropolitain de Paris (CMP). Ce projet s’inscrit dans le cadre de l’urgence d’inaugurer la première ligne de métro parisien avant l’Exposition universelle de 1900. Guimard, bien que n’ayant pas participé au concours initial, fut choisi pour son style Art nouveau, marquant une rupture avec les propositions jugées trop conventionnelles. Ses créations mêlent fer, fonte, verre et lave émaillée, offrant une esthétique à la fois élégante et fonctionnelle.
Les entrées de métro Guimard se distinguent par leurs édicules couverts ou leurs entourages simples, composés de balustrades et de portiques en fonte sculptée. Les candélabres, surnommés « brins de muguet », et les enseignes « Métropolitain » en lettres stylisées deviennent des symboles du paysage parisien. Malgré des critiques initiales et des conflits avec la CMP, notamment sur les coûts et la propriété artistique, les œuvres de Guimard sont progressivement reconnues comme des chefs-d’œuvre de l’Art nouveau. Leur production cesse après 1913, mais leur influence persiste, faisant de ces entrées un emblème culturel.
La station Temple, inaugurée en 1904 sur la ligne 3, fait partie des 167 accès conçus par Guimard, dont une majorité a été détruite au fil des décennies. Les entrées restantes, comme celle de la station Temple, sont protégées depuis 1978 au titre des monuments historiques. Leur restauration, notamment à l’approche du centenaire du métro en 2000, a permis de préserver leur authenticité. Aujourd’hui, ces ouvrages incarnent à la fois l’héritage architectural de la Belle Époque et un patrimoine urbain indissociable de l’identité parisienne.
L’entourage de la station Temple, situé à l’angle de la rue du Temple et de la rue de Turbigo, a été inscrit aux monuments historiques par arrêté du 12 février 2016. Ce modèle, typique des entourages à écussons avec portique, illustre la standardisation et la modularité chères à Guimard. Les matériaux utilisés, comme la fonte moulée et la lave émaillée, reflètent une volonté d’allier esthétisme et rationalité industrielle. Les couleurs d’origine, combinant vert et orange, contribuaient à une harmonie visuelle aujourd’hui partiellement restaurée.
Les entrées de métro Guimard ont transcendé leur fonction utilitaire pour devenir des icônes culturelles. Elles apparaissent dans des œuvres artistiques, comme les peintures d’Eugène Galien-Laloue ou les bandes dessinées de Jacques Tardi, et symbolisent la fusion entre art et industrie. Leur influence s’étend même à l’étranger, avec des reproductions ou des dons à des musées, comme au Museum of Modern Art de New York. Malgré les controverses initiales et les destructions massives, ces entrées restent un témoignage unique de l’audace créatrice de Guimard et de l’esprit innovant de Paris au tournant du XXe siècle.