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Mine de la Pinouse à Valmanya dans les Pyrénées-Orientales

Pyrénées-Orientales

Mine de la Pinouse

    Route Sans Nom
    66320 Valmanya
Crédit photo : Mickaël COSSON - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Antiquité
Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
0
100
1900
2000
10-11 février 1917
Avalanches meurtrières
1931
Fin de l’exploitation minière
1944
Exécution de Julien Panchot
10 décembre 2015
Inscription monument historique
2019
Financement Loto du patrimoine
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Les vestiges des sites miniers de la Pinouse, de Roque Jalère et des Manerots ainsi que des installations liées au transport du minerai par la voie ferrée minière de la Pinouse entre les gares de Rapaloum et de Formentera (ensemble des vestiges de surface et installations au sol) en totalité, tels que délimités en rouge sur les cinq plans annexés à l'arrêté (cad. Valmanya C 205, 206 (cité minière, lieu-dit la Pinouse), 190 (poudrière), 186 (trémie, cantine-atelier, transformateur, lieu-dit Roque Jalère), 176 (plate-forme, trémie, tunnel, lieu-dit Rapaloum) ; La Bastide B 755 (maisonnette de la voie ferrée dite caseta du Bosc del Ouillat, lieu-dit Bosc de l'Ouillat), 753, 767, 906 (tunnels), 909 (trémie, citerne, lieu-dit les Manerots), 896, 897, 899 (plan incliné, trémies, four à griller, forge), 898 (cantine), 905 (maison du contremaître dite Casa del Rei), 885 (tunnel) ; Saint-Marsal B 74 (maisonnette de la voie ferrée dite caseta de Saint-Marsal), 82 (tunnel) ; Montbolo C 39 (trémie, four à griller, bâtiments divers, lieu-dit Gare de Formentera)) : inscription par arrêté du 10 décembre 2015

Personnages clés

Julien Panchot - Chef résistant Capturé et exécuté en 1944 sur le site.

Origine et histoire

La mine de la Pinouse, située sur la commune de Valmanya dans les Pyrénées-Orientales, fait partie de la ceinture ferrifère du Canigou. Exploitée industriellement au XXe siècle, elle est contiguë aux mines de Batère, sur le flanc opposé de la montagne. Son activité minière, attestée depuis l’Antiquité, connut un essor avec les forges catalanes avant de s’industrialiser. Le site inclut aussi les exploitations de Roque Jalère, Rapaloum, et des infrastructures ferroviaires réparties sur plusieurs communes (La Bastide, Saint-Marsal, Montbolo).

Les 10 et 11 février 1917, deux avalanches frappent le bâtiment minier de Roca Gelera (Roque Jalère), détruisant les installations et ensevelissant douze personnes sous 10 mètres de neige. Ce drame marque l’histoire tragique du site, déjà lié à l’extraction du fer. En 1944, le résistant Julien Panchot y est capturé, torturé et exécuté par l’armée allemande, faisant de la Pinouse un symbole de la Résistance pendant la Seconde Guerre mondiale.

Le site, inscrit monument historique en 2015, bénéficie en 2019 d’un financement via le Loto du patrimoine pour sa préservation. Les vestiges protégés incluent les mines (Pinouse, Roque Jalère, Manerots), les tunnels, les gares ferroviaires (Rapaloum, Formentera), et des bâtiments annexes comme les cantines ou les forges. Ces éléments témoignent de l’importance économique et stratégique du site, de l’Antiquité à son déclin en 1931.

La mine de la Pinouse illustre aussi l’organisation spatiale des exploitations minières du Canigou, avec des infrastructures dispersées sur plusieurs communes. La voie ferrée, essentielle pour le transport du minerai, reliait les gares de Rapaloum et Formentera, traversant des tunnels et des trémies encore visibles aujourd’hui. Ce réseau reflète l’ampleur industrielle du projet, malgré sa brève durée d’activité au XXe siècle.

Enfin, le site incarne une mémoire collective, à la fois industrielle et résistante. Les événements de 1917 et 1944, combinés à son inscription récente, en font un lieu de commémoration et d’étude, où se croisent histoire minière, tragédies humaines et héritage de la Résistance. La protection de 2015 vise à préserver ces traces pour les générations futures.

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