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Monastère de La Corroirie à Chemillé-sur-Indrois en Indre-et-Loire

Patrimoine classé
Patrimoine religieux
Monastère
Indre-et-Loire

Monastère de La Corroirie

    Route de Loches à Montrésor
    37460 Chemillé-sur-Indrois
Propriété privée
Monastère de La Corroirie
Monastère de La Corroirie
Monastère de La Corroirie
Monastère de La Corroirie
Monastère de La Corroirie
Monastère de La Corroirie
Monastère de La Corroirie
Monastère de La Corroirie
Monastère de La Corroirie
Monastère de La Corroirie
Monastère de La Corroirie
Monastère de La Corroirie
Monastère de La Corroirie
Monastère de La Corroirie
Monastère de La Corroirie
Monastère de La Corroirie
Monastère de La Corroirie
Monastère de La Corroirie
Monastère de La Corroirie
Monastère de La Corroirie
Crédit photo : Auteur inconnu - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1206
Consécration de l'église
fin XIIe siècle
Fondation de la Corroirie
1361 et 1392
Sièges pendant la guerre de Cent Ans
milieu XVe siècle
Transformation de l'église en bastion
vers 1575
Construction du châtelet fortifié
1674
Fermeture de l'église au culte
1791
Vente comme bien national
1926
Première inscription aux Monuments Historiques
2015
Extension de la protection
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Le site historique, les bâtiments et le sol des parcelles de la corroirie, annexe économique de la chartreuse du Liget, au lieu-dit "La Corroierie", sont inscrits en totalité, tels que délimités en bleu sur le plan annexé à l'arrêté. Cet ensemble figure au cadastre, section ZR, parcelle n° 6, lot 1, 12, 13, 14 : inscription par arrêté du 4 mars 2015

Personnages clés

Foulques de Craçay - Seigneur donateur Cède le fief vers 1200 aux chartreux.
Odon de Sully - Évêque de Paris Consacre l’église en 1206.
Charles VII - Roi de France Fournit une garnison en 1432.
Henri II (royaume d'Angleterre) - Donateur initial Rachète la terre du Liget (1176-1183).

Origine et histoire

La Corroirie est un fief féodal fortifié dépendant de la chartreuse du Liget, situé à Chemillé-sur-Indrois en Indre-et-Loire. Fondée à la fin du XIIe siècle comme « maison basse » de la chartreuse, elle abritait les frères convers chargés de gérer un domaine agricole de près de 1 500 hectares. Son nom, issu du latin conderium, désigne les ressources matérielles nécessaires à la vie monastique (nourriture, vêtements, entretien).

Au Moyen Âge, la Corroirie se développe grâce à des donations de seigneurs locaux et royaux, devenant un centre économique et judiciaire doté de droits de haute et basse justice. Pendant la guerre de Cent Ans (1361, 1392), elle sert de refuge aux moines de la maison haute, qui fuient vers Loches par un souterrain. Les bâtiments sont alors fortifiés, avec des remblais et des aménagements défensifs comme des meurtrières dans l’église, transformée partiellement en bastion au XVe siècle.

Les guerres de Religion (1562, 1584, 1589) accélèrent sa militarisation : un châtelet fortifié avec pont-levis est construit vers 1575, des douves creusées, et une prison en tourelle érigée. Au XVIIe siècle, la Corroirie perd sa vocation religieuse — l’église est fermée au culte en 1674 — pour devenir une exploitation agricole, tout en conservant son rôle seigneurial jusqu’à la Révolution. Vendue comme bien national en 1791, elle reste habitée et préservée jusqu’au XXIe siècle.

L’architecture du site reflète ces évolutions : l’église, plusieurs fois remaniée, combine des éléments romans (nef initiale) et des ajouts défensifs (meurtrières, chemin de ronde). Les celliers, surélevés à plusieurs reprises, abritent des moulins à farine au XVIIe siècle. La porte fortifiée du XVIe siècle, avec ses mâchicoulis et sa machinerie de pont-levis, illustre la transition vers une maison forte. Le site, inscrit aux monuments historiques en 1926 et étendu en 2015, inclut aussi une prison médiévale et des vestiges de douves.

La Corroirie incarne la dualité des chartreuses entre spirituel (maison haute) et temporel (maison basse), avec une autonomie juridique rare : elle exerce la justice sur son territoire jusqu’en 1789. Son étang, créé par les chartreux pour alimenter moulins et douves, et son souterrain — peut-être le passage de fuite de 1361 — ajoutent à son caractère exceptionnel. Aujourd’hui, le site allie préservation patrimoniale (chambres d’hôtes, distillerie) et mémoire historique.

Les études architecturales (Gérard Fleury, Bruno Dufaÿ) ont précisé la chronologie des constructions, tandis que des fouilles récentes ont révélé des détails sur les phases défensives. La Corroirie apparaît aussi dans des œuvres culturelles, comme le film Joan of Arc (2015) ou des romans policiers contemporains, soulignant son attrait à la fois historique et esthétique.

Liens externes