Crédit photo : Photo: Seth Kramer Statue: Albert-Ernest Carrier - Sous licence Creative Commons
Frise chronologique
1865
Concours ministériel
Concours ministériel
1865 (≈ 1865)
Carrier-Belleuse lauréat pour la statue.
1867
Fonte de la statue
Fonte de la statue
1867 (≈ 1867)
Réalisée par Thiébaut Frères en bronze.
15 août 1869
Inauguration officielle
Inauguration officielle
15 août 1869 (≈ 1869)
Jour de la Saint-Napoléon, centenaire de Napoléon Ier.
2009
Classement MH
Classement MH
2009 (≈ 2009)
Inscription par arrêté du 23 juillet.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Le monument en totalité (cad. LC 281) : inscription par arrêté du 23 juillet 2009
Personnages clés
| André Masséna - Maréchal d’Empire |
Sujet de la statue, natif de Nice. |
| Albert-Ernest Carrier-Belleuse - Sculpteur |
Auteur de la statue, lauréat du concours. |
| François Malausséna - Maire de Nice (1869) |
Discours lors de l’inauguration. |
| Victor Masséna - Député des Alpes-Maritimes |
Petit-fils du maréchal, présent en 1869. |
| André Reille - Petit-fils de Masséna |
Intervint lors de l’inauguration. |
Origine et histoire
Le Monument au Maréchal Masséna à Nice est une commande publique réalisée par le sculpteur Albert-Ernest Carrier-Belleuse, lauréat d’un concours organisé par le ministère des Beaux-Arts en 1865. La statue en bronze, fondue par Thiébaut Frères en 1867, représente Masséna en grand uniforme de maréchal, pied sur un canon, lors de la bataille d’Essling (1809). Le piédestal, orné d’une allégorie de la Victoire gravissant son nom et de bas-reliefs évoquant les batailles de Zurich et de Gênes, symbolise ses exploits militaires. Le monument était initialement placé dans le square Général-Leclerc, sur le Paillon recouvert entre 1866 et 1868, avant d’être intégré à la promenade actuelle.
L’inauguration eut lieu le 15 août 1869, jour de la Saint-Napoléon, en présence de personnalités comme André Reille (petit-fils de Masséna), François Malausséna (maire de Nice) et Victor Masséna (député et petit-fils du maréchal). Ce choix de date et de lieu — initialement envisagé place Masséna avant d’être rejeté pour éviter que la statue ne tourne le dos à la vieille ville — soulignait l’adhésion de Nice à la France et au Second Empire, dans le cadre du centenaire de la naissance de Napoléon Ier. Le monument, propriété de la commune, a été inscrit aux monuments historiques en 2009.
La statue incarne une double dimension mémorielle : locale, en honorant un enfant de Nice devenu maréchal d’Empire, et nationale, en célébrant les victoires napoléoniennes. Les bas-reliefs détaillent des épisodes clés de sa carrière, comme le siège de Gênes (1800), où Masséna négocia les termes de reddition, ou la bataille de Zurich (1799). L’allégorie féminine du piédestal, tenant un sabre et gravant son nom, renforce le caractère commémoratif. Aujourd’hui, le monument reste un symbole de l’histoire niçoise, lié à la période de rattachement à la France (1860) et à l’héritage impérial.
Les sources historiques, comme les travaux de Jean-Paul Potron (2008) ou Henri Courrière (2015), soulignent son rôle dans la construction identitaire de Nice après l’annexion. Le concours de 1865, la fonderie Thiébaut, et l’inauguration en 1869 reflètent une volonté étatique de marquer le paysage urbain. Le déplacement ultérieur dans la promenade du Paillon, après la couverture du fleuve, illustre l’évolution de la ville. Le monument, classé en totalité (arrêté du 23 juillet 2009), témoigne ainsi de l’art officiel du Second Empire et de la mémoire napoléonienne en Provence-Alpes-Côte d’Azur.