Frise chronologique
30 août 2021
Classement monument historique
Classement monument historique
30 août 2021 (≈ 2021)
Inscription en totalité par arrêté.
1er quart du XXe siècle
Construction du monument
Construction du monument
1er quart du XXe siècle (≈ 2025)
Réalisé en forme de cromlech par Teilliet.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Le monument aux morts, en totalité, situé sur le parvis de l’église, au pied du tilleul dit de Sully, sur le domaine public non cadastré : inscription par arrêté du 30 août 2021
Personnages clés
| Jean Teilliet - Peintre, folkloriste et concepteur |
A dirigé la création du monument. |
| José Martin - Sculpteur |
A collaboré à la réalisation. |
Origine et histoire
Le monument aux morts d’Esse, réalisé sous la forme d’un cromlech, se compose de dix blocs de granit disposés en cercle, avec une stèle triangulaire gravée des noms des 43 soldats morts pendant la Première Guerre mondiale. Au centre, une sculpture de poilu repose sur une pierre des morts, tandis qu’une clôture pentagonale ornée d’épées et de palmes délimite l’espace. L’accès s’effectue par quatre marches en granit, et une pierre gravée explique la symbolique du lieu, mêlant hommage aux disparus et référence aux ancêtres préhistoriques.
Ce monument singulier a été conçu sous la direction de Jean Teilliet (1870–1931), peintre et folkloriste limousin, ancien élève des Arts décoratifs de Limoges et des Beaux-Arts de Paris. Attaché à la culture populaire locale, il a intégré un fragment de la dalle d’un dolmen brisé de Périssac pour la stèle, justifiant ce choix par un texte gravé sur place : « sur ce banc des morts [...] est déposée l’image de nos chers enfants morts pour la France ». L’œuvre, sculptée par José Martin et Teilliet lui-même, allie mémoire collective et héritage mégalithique, tout en soulevant des questions sur la préservation du patrimoine archéologique.
Classé monument historique en 2021, le monument se dresse sur le parvis de l’église d’Esse, au pied d’un tilleul dit de Sully. Son état actuel révèle des fissures dans le matériau (ciment, chaux ou plâtre), tandis que sa localisation, notée comme « passable » (5/10) par les sources, en fait un lieu à la fois emblématique et fragile. La clôture et les marches en granit, ainsi que la pierre explicative, soulignent son caractère à la fois sacré et pédagogique, ancré dans l’histoire locale et la Grande Guerre.
L’association entre le cromlech, symbole des premiers ancêtres, et la liste des soldats tombés en 1914–1918 crée un dialogue entre passé lointain et mémoire récente. Teilliet, figure des Limousins de Paris et promoteur des traditions régionales, y voit une continuité entre les rites funéraires préhistoriques et l’hommage moderne. Cependant, l’utilisation d’éléments dolméniques, bien que revendiquée comme un hommage, interroge aujourd’hui sur les limites entre réemploi artistique et préservation du patrimoine archéologique.