Frise chronologique
1918 (15-26 juillet)
Seconde bataille de la Marne
Seconde bataille de la Marne
1918 (15-26 juillet) (≈ 21)
Offensive décisive contre les Allemands sur la butte de Chalmont.
1919 (novembre)
Commande du projet à Landowski
Commande du projet à Landowski
1919 (novembre) (≈ 1919)
L’État passe commande pour *Les Morts* (futurs *Fantômes*).
1923
Médaille d’honneur au Salon
Médaille d’honneur au Salon
1923 (≈ 1923)
Maquette en plâtre primée avant réalisation en granit.
1926 (juillet)
Choix du site de Chalmont
Choix du site de Chalmont
1926 (juillet) (≈ 1926)
Commande officielle pour la butte, lieu symbolique.
31 juillet 1934
Classement monument historique
Classement monument historique
31 juillet 1934 (≈ 1934)
Protection exceptionnelle avant l’achèvement des travaux.
21 juillet 1935
Inauguration par Albert Lebrun
Inauguration par Albert Lebrun
21 juillet 1935 (≈ 1935)
Cérémonie présidentielle pour le mémorial achevé.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Monument : classement par arrêté du 31 juillet 1934
Personnages clés
| Paul Landowski - Sculpteur et concepteur |
Auteur de *Les Fantômes* et de *la France*, vétéran de 1914-1918. |
| Albert Lebrun - Président de la République |
Inaugure le monument en 1935. |
| Général Mangin - Commandant des troupes françaises |
Dirige l’offensive victorieuse de juillet 1918. |
Origine et histoire
Le monument national de la seconde bataille de la Marne, dit des Fantômes, a été conçu par le sculpteur Paul Landowski pour honorer les soldats morts lors de l’offensive décisive de juillet 1918. Commandé par l’État en 1919 sous le nom Les Morts, le projet évolue vers une représentation de sept fantômes en granit, symbolisant les armes françaises (grenadier, aviateur, etc.), entourant un jeune martyr. Le site de la butte de Chalmont, où les Allemands reculent le 28 juillet 1918, est choisi par les anciens combattants en 1926.
La sculpture Les Fantômes, haute de 8 mètres, est accompagnée d’une statue allégorique de la France et de stèles gravées relatant les combats. Inauguré le 21 juillet 1935 par le président Albert Lebrun, le monument est exceptionnellement classé en 1934 avant son achèvement, financé par une souscription nationale. Landowski y exprime l’ambiguïté de la victoire, mêlant douleur et espoir, avec une œuvre monumentale dominant la plaine du Tardenois.
Le mémorial s’inscrit dans un paysage marqué par la Grande Guerre : la butte de Chalmont, point stratégique en 1918, devient un lieu de mémoire où les figures spectrales des soldats veillent sur la paix retrouvée. Les inscriptions rappellent l’offensive du général Mangin (18-26 juillet 1918), qui repousse définitivement les troupes allemandes vers la Vesle, libérant Soissons et raccourcissant le front de 50 km. Ce monument, l’un des premiers du XXe siècle classé en Picardie, témoigne de l’effort collectif pour préserver la mémoire des 9 millions de morts du conflit.
Paul Landowski, vétéran de 1914-1918, conçoit Les Fantômes comme une promesse tenue : « Ces morts je les relèverai », déclarée en 1916. Le groupe sculpté, où chaque soldat incarne une arme, entoure un jeune homme nu, symbole de la jeunesse sacrifiée et protégée par ses aînés. Le monument, précédé d’un emmarchement évoquant les quatre années de guerre, est isolé par un espace engazonné, soulignant son caractère sacré.
Classé dès 1934, le monument des Fantômes illustre l’innovation artistique et mémorielle de l’entre-deux-guerres. Contrairement aux ossuaires ou cimetières, il célèbre la victoire par une œuvre abstraite et poétique, où le granit incarne la permanence du souvenir. Aujourd’hui, il domine toujours la plaine du Tardenois, rappelant le rôle décisif de cette bataille dans la fin de la Première Guerre mondiale.