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Moulin à vent

Moulin à vent

    97354 Lotissement Emma
    97354 Remire-Montjoly

Frise chronologique

Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1700
1800
1900
2000
1668–1765
Période jésuite
1882–1945
Utilisation de la machine à vapeur
1er quart XIXe siècle
Construction du moulin
1977
Acquisition par l'État
18 octobre 1994
Classement monument historique
1994
Cession à la commune
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Moulin (cad. AD 399) : classement par arrêté du 18 octobre 1994

Personnages clés

Jésuites de Loyola - Propriétaires initiaux Possédaient le site de 1668 à 1765.
Frères Detelles - Propriétaires au XIXe siècle Remirent en valeur le domaine sucrier.
Syndicat des Petits Planteurs de canne - Acquéreur en 1936 Géra le site jusqu’à la crise sucrière.

Origine et histoire

Le moulin à vent de Rémire-Montjoly, situé en Guyane, est un monument historique classé par arrêté du 18 octobre 1994. Construit au 1er quart du XIXe siècle, il se distingue par son architecture hybride, mêlant les caractéristiques des moulins européens et des moulins caviers antillais. Sa tour conique, haute de 8,50 mètres et d’un diamètre identique, est édifiée en moellons de pierre latéritique locale, avec des encadrements de baies en matériaux importés comme le grès ou la brique. Ce moulin, probablement ostentatoire en raison des vents faibles et irréguliers de la région, était équipé de rolles verticaux pour broyer les cannes à sucre.

Le moulin est le seul vestige de l’Habitation du Moulin à Vent, un domaine sucrier dont les terres, autrefois cultivées en canne à sucre, s’étendaient jusqu’en 1945. Le site appartenait initialement aux Jésuites de Loyola (1668–1765), puis fut intégré au domaine du Grand Beauregard jusqu’au 2e quart du XIXe siècle. Il changea plusieurs fois de propriétaires, dont les frères Detelles, avant d’être acquis en 1936 par le Syndicat des Petits Planteurs de canne de Remire. Après la crise sucrière de 1945, le terrain fut vendu à une société privée, puis racheté par l’État en 1977 avant d’être cédé à la commune de Rémire-Montjoly en 1994, année de son classement.

Les fouilles archéologiques menées en 1985 et 1991 ont révélé un mobilier datant du milieu du XIXe siècle au début du XXe siècle, suggérant que sa construction coïncide avec l’arrivée d’Antillais en Guyane, maîtrisant les techniques de ces moulins. Une machine à vapeur Buchanan, utilisée de 1882 à 1945 pour broyer les cannes, subsiste au pied de la colline où le moulin est érigé. La dédicace gravée de 1733 sur la tour pourrait indiquer une réutilisation de matériaux ou une date antérieure non confirmée, mais les sources s’accordent sur une construction au début du XIXe siècle.

Architecturalement, le moulin reprend les dimensions standard des moulins antillais : une hauteur et un diamètre de 8 à 10 mètres, des murs épais de 1 à 1,30 mètre, et un escalier droit en bois desservant deux étages. La porte principale, placée sous le vent, évitait les courants d’air, tandis qu’une lucarne éclairait l’intérieur. Les niches aménagées dans les murs et l’appareillage grossier, mélangeant matériaux locaux et importés, témoignent d’une adaptation aux ressources disponibles. Le crépi à base de chaux de corail, typique des constructions antillaises, renforce ce lien culturel.

Aujourd’hui propriété de la commune, le moulin est un témoignage unique de l’histoire sucrière guyanaise et des échanges techniques entre les Antilles et la Guyane. Son classement comme monument historique en 1994 a permis sa préservation, bien que son usage initial ait été limité par les conditions climatiques locales. Le site, situé à moins d’un kilomètre de l’habitation Loyola, offre un panorama sur l’évolution des techniques agricoles et industrielles dans la région.

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