Origine et histoire du Musée du Château des ducs de Bar
Le château des ducs de Bar, édifié dès le Xe siècle sur un éperon rocheux dominant Bar-le-Duc, fut la résidence des comtes puis ducs de Bar et de Lorraine. Au XVe siècle, René II y ajoute une Grande galerie et un jardin à l’italienne, tandis que son épouse, Philippe de Gueldre, y aménage des espaces résidentiels. En 1567, le duc Charles III fait construire le Neuf-Castel, corps de logis gothique flamboyant abritant la Chambre des comptes. Le site, démantelé en 1670 sur ordre de Louis XIV, ne conserve que ce bâtiment, la Tour de l’Horloge et des vestiges de fortifications.
Transformé en musée en 1970, le Neuf-Castel accueille depuis les collections du musée Barrois, fondé en 1841 par l’architecte Joseph-Théodore Oudet et le maire Paulin Gillon. Initialement installé dans l’hôtel de Florainville, le musée rassemble peintures, sculptures lorraines (dont des œuvres de Ligier Richier), objets archéologiques de Nasium, et une galerie militaire meusienne. En 1936, la donation de Raymond Poincaré enrichit les fonds. Fermé depuis 2020 pour travaux, il prépare un inventaire complet et des réserves aux normes des Musées de France.
Le site mêle ainsi héritage médiéval et renaissant — comme la salle voûtée du Trésor des Chartes (XVe siècle, classée en 1981) — à des collections éclectiques, de l’art religieux lorrain aux artefacts ethnographiques. La chapelle Saint-Louis (1859), de style néo-gothique, et les vestiges de la collégiale Saint-Maxe rappellent l’importance religieuse du lieu. Le musée, labellisé en 2003, illustre l’évolution d’une forteresse ducale en espace culturel, tout en préservant la mémoire des élites locales et des conflits, comme la Guerre de Trente Ans.
L’histoire du château reflète les tensions politiques de la Lorraine : occupation française (1632–1661), incendie de 1649, et démantèlement sous Louis XIV. Au XIXe siècle, la ville laïcise ses monuments, détruisant la collégiale et convertissant l’ancien palais ducal en couvent. Le musée actuel, géré par la Communauté d’agglomération depuis 2013, perpétue ce dialogue entre pouvoir ducal, patrimoine artistique et identité régionale, tout en intégrant des enjeux contemporains de conservation.