Origine et histoire du Musée d'archéologie méditerranéenne
Le musée d’archéologie méditerranéenne, installé au premier étage de la Vieille Charité à Marseille, est né de la fusion de deux départements : les antiquités égyptiennes et les antiquités classiques. Fondé sur la collection du docteur Clot-Bey (1793-1868), médecin et ami du vice-roi d’Égypte Méhémet Ali, il fut enrichi par des dons et acquisitions ultérieures. La collection égyptienne, seconde de France après celle du Louvre, couvre des périodes allant de la culture de Nagada (vers 3900-3150 avant notre ère) à l’époque ptolémaïque (323-31 avant notre ère). Les cinq salles thématiques explorent la vie quotidienne, la religion, et les rites funéraires de l’Égypte antique, avec des pièces majeures comme des sarcophages, des statues de divinités, et un papyrus du Livre des Morts.
Le musée présente également des collections du Proche-Orient, de Chypre, de Crète, de Grèce, d’Étrurie, et de Rome, illustrant l’évolution des civilisations méditerranéennes. Parmi les pièces notables figurent un vase minoen découvert en Égypte, des céramiques grecques, et des objets étrusques et romains. La collection du Proche-Orient évoque les débuts de l’urbanisation et de l’écriture, tandis que celle de la Grande-Grèce met en lumière les échanges culturels entre Grecs et populations locales. Le musée, labellisé « Musée de France », est installé dans un bâtiment historique, la Vieille Charité, construite au XVIIe siècle par Pierre Puget pour accueillir les pauvres, avant de devenir un hospice puis un lieu culturel.
La Vieille Charité, édifice baroque conçu par Pierre Puget, fut restaurée entre 1961 et 1986 après des décennies d’abandon. Le musée y fut transféré, bénéficiant d’un cadre architectural remarquable avec sa chapelle à coupole ovale et ses galeries sur trois niveaux. Les collections, initialement dispersées (notamment celles des Bernardins et de Saint-Victor), furent réunies ici, offrant un parcours chronologique et thématique unique. Le musée se distingue par sa scénographie immersive, comme la reconstitution d’une chambre funéraire égyptienne ou la présentation d’objets issus de fouilles sous-marines, en collaboration avec le DRASM et le Louvre.