Fondation de l’usine Dégremont 1859 (≈ 1859)
Première usine motorisée de tabletterie.
1902
Machine à vapeur conservée
Machine à vapeur conservée 1902 (≈ 1902)
Toujours en état de marche aujourd’hui.
1972
Fermeture de l’usine
Fermeture de l’usine 1972 (≈ 1972)
Fin de la production tabletière industrielle.
22 mai 1999
Ouverture du musée
Ouverture du musée 22 mai 1999 (≈ 1999)
Dans l’ancienne usine Dégremont rénovée.
2010
Extension du musée
Extension du musée 2010 (≈ 2010)
Ajout d’espaces pédagogiques et d’un hôtel.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Personnages clés
Fessart - Fondateur de l’usine (1859)
Négociant en matières premières pour tabletiers.
Frères Dégremont - Propriétaires de l’usine (1892)
Employaient 80 ouvriers dans les années 1890.
Mr Troisoeufs - Artisan tablettier (fin XIXe)
Créateur d’une pendule en nacre exposée.
Mr Roblot - Dernier graveur sur nacre
A restauré la pendule de Troisoeufs.
Zette Cazalas - Scénographe du musée
Conception de l’architecture intérieure (1999).
Walter Melocco et Patricia Duchemin - Architectes de l’extension (2010)
Réhabilitation des bâtiments voisins.
Origine et histoire
Le musée de la Nacre et de la Tabletterie, situé à Méru dans l’Oise (Hauts-de-France), est installé dans une ancienne usine de tabletterie construite entre 1857 et 1887. Ce site industriel, emblématique de la Révolution industrielle, était dédié à la fabrication de boutons, d’objets en nacre, en écaille, en os ou en ivoire. Méru, surnommée « Capitale mondiale du bouton de nacre », a connu un âge d’or au XIXe siècle grâce à cette activité, avant son déclin au XXe siècle avec l’arrivée des matériaux synthétiques et la disparition des débouchés traditionnels.
Dès le XVIIe siècle, les paysans de la région pratiquaient la tabletterie durant l’hiver, fabriquant des objets variés (éventails, pommeaux de cannes, boules de billards, jeux d’échecs) vendus à des marchands parisiens. Au XIXe siècle, l’industrialisation a amplifié cette production, avec jusqu’à 3 856 tabletiers recensés en 1851. L’usine Dégremont, fondée en 1859, symbolise cette époque faste : équipée d’une machine à vapeur, elle employait plus de 80 ouvriers et produisait boutons, jetons, dés et accessoires en série. Le déclin s’amorce au XXe siècle, marqué par des grèves (1909, 1936) et la concurrence des plastiques.
Le musée a ouvert en 1999 après des décennies de projets avortés (dès 1895 dans la presse locale, relancés en 1961 puis dans les années 1970). Sa création a été portée par des associations locales, comme les Amis du Musée de la Nacre, et des institutions (Écomusée des Pays de l’Oise, DRAC). Installé dans l’usine Dégremont — classée Monument Historique en 1994 —, il conserve machines, outils, objets finis (boutons, éventails, jumelles) et savoir-faire artisanaux. Une extension en 2010 a ajouté des espaces pédagogiques et un hôtel-restaurant (Hôtel de la Tabletterie).
Les collections, rassemblées depuis les années 1970, proviennent de dons, d’acquisitions et de dépôts (MJC de Méru, District des Sablons). Parmi les pièces phares : une machine à vapeur de 1902 toujours fonctionnelle, un atelier de dominotier reconstitué, et une pendule en ébène et nacre créée par l’artisan Troisoeufs (1870–1907). Le musée joue un rôle de conservatoire, transmettant des techniques disparues via des démonstrations et des commandes spéciales.
L’architecture du bâtiment, typique des usines du Nord de la France, allie briques, baies vitrées en arc plein cintre et une cheminée tronconique. Les travaux de rénovation (1994–1999) ont préservé ce patrimoine industriel, tout en modernisant les espaces. Aujourd’hui, le musée attire environ 20 000 visiteurs annuels, perpétuant la mémoire d’un savoir-faire qui a marqué l’identité économique et sociale de Méru.
Avis
Veuillez vous connecter pour poster un avis