Frise chronologique
1766
Fondation de l'école vétérinaire
Fondation de l'école vétérinaire
1766 (≈ 1766)
Création dans le château d’Alfort par Claude Bourgelat.
1766-1771
Réalisation des Écorchés
Réalisation des Écorchés
1766-1771 (≈ 1769)
Œuvres majeures d’Honoré Fragonard exposées aujourd’hui.
1828
Premier déplacement du musée
Premier déplacement du musée
1828 (≈ 1828)
Renommé « cabinet des collections », utilisé pour l’enseignement.
1902
Ouverture du musée actuel
Ouverture du musée actuel
1902 (≈ 1902)
Bâtiments achevés en 1901, organisation pédagogique.
1991
Ouverture au public
Ouverture au public
1991 (≈ 1991)
Accès généralisé après une longue période réservée.
2006
Label « Musée de France »
Label « Musée de France »
2006 (≈ 2006)
Reconnaissance officielle comme collection universitaire unique.
2007-2008
Restauration et réouverture
Restauration et réouverture
2007-2008 (≈ 2008)
Retour à l’aspect original de 1902.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Personnages clés
| Honoré Fragonard - Anatomiste et premier professeur |
Créateur des écorchés, directeur de l’école. |
| Claude Bourgelat - Fondateur de l’école vétérinaire |
Écuyer de Louis XV, initiateur du projet. |
| Philibert Chabert - Directeur de l’école |
Contributeur aux collections anatomiques. |
| Gabriel-Constant Colin - Anatomiste et physiologiste |
Enseignant et chercheur influent. |
| Louis Auzoux - Créateur de modèles anatomiques |
Modèles en papier mâché exposés au musée. |
| Eugène Petitcolin - Préparateur anatomique |
Collaborateur des collections du XIXe siècle. |
Origine et histoire
Le musée Fragonard, intégré à l’École nationale vétérinaire d'Alfort à Maisons-Alfort, trouve ses origines en 1766, année de création de l’école dans l’ancien château d’Alfort. Cette institution, deuxième école vétérinaire au monde après celle de Lyon, fut fondée sous l’impulsion de Claude Bourgelat, écuyer de Louis XV. Dès son ouverture, un « Cabinet du Roy » y fut établi, combinant une vocation pédagogique pour les étudiants et une dimension de cabinet de curiosités accessible au public. Ce cabinet, précurseur des musées modernes, présentait des préparations anatomiques animales et humaines, reflétant les débats scientifiques de l’époque entre anatomie naturelle et superficielle.
En 1828, le musée fut déplacé et renommé « cabinet des collections », mais son désordre croissant conduisit à la création d’un nouveau musée en 1902, structuré pour l’enseignement. Les bâtiments actuels, achevés en 1901, abritent depuis 1903 des pièces anatomiques organisées selon une muséographie typique de la fin du XIXe siècle. Le musée déclina progressivement comme outil pédagogique au XXe siècle, mais son aspect historique fut préservé, offrant aujourd’hui un témoignage unique des pratiques muséales et vétérinaires passées. La restauration de 2007-2008 redonna au lieu son apparence de 1902, avec ses couleurs d’origine et ses décors.
Le musée se divise en quatre salles thématiques : anatomie comparée, squelettes et modèles anatomiques, pathologie animale historique, et un cabinet de curiosités abritant les célèbres Écorchés d’Honoré Fragonard (1766-1771). Parmi ces œuvres, « Le cavalier de l'Apocalypse » et « L'Homme à la mandibule » illustrent le génie technique de Fragonard, qui utilisait des méthodes innovantes de conservation (suif teinté, vernis de résine). Ces pièces, initialement destinées à impressionner et éduquer, symbolisent l’alliance entre art et science au siècle des Lumières.
Ouvert au public depuis 1991, le musée Fragonard compte plus de 4 200 pièces et a obtenu en 2006 le label « Musée de France ». Unique collection universitaire à porter ce titre sans association avec une collectivité territoriale, il dépend du Ministère de l’Agriculture. Avec près de 10 000 visiteurs annuels, dont 20 % d’étrangers, il perpétue la mémoire d’une institution pionnière, tout en offrant un voyage dans l’histoire de la médecine vétérinaire et de l’anatomie.
Les contributeurs majeurs incluent Honoré Fragonard, premier professeur d’anatomie, ainsi que des anatomistes comme Philibert Chabert, Gabriel-Constant Colin, et Gustave Barrier. Leurs travaux, combinés à ceux de préparateurs comme Eugène Petitcolin, ont façonné une collection exceptionnelle, mêlant rigueur scientifique et esthétisme. Le musée reste un lieu de fascination, où se croisent histoire, art et science, dans un cadre architectural préservé.
Conditions de visite
Téléphone : 01 43 96 71 72