Origine et histoire du Musée
Le musée Grévin est un musée de cire privé créé le 5 juin 1882 par Arthur Meyer, alors directeur du journal Le Gaulois, pour permettre au public de visualiser les personnalités évoquées dans la presse, à une époque où la photographie n’était pas encore répandue. Il s’inspire d’une tradition ancienne de représentation en cire, remontant au XVIIe siècle avec des figures royales comme celle de Louis XIV par Antoine Benoist. Le projet prend forme grâce à la collaboration avec le sculpteur Alfred Grévin, connu pour ses caricatures, et au soutien financier de Gabriel Thomas, qui structure son développement jusqu’en 1999.
Le musée s’enrichit rapidement de décors somptueux, comme la salle de la Coupole et ses éléments baroques (1882), ainsi que d’attractions innovantes : le Cabinet Fantastique (1886-1892), précurseur des projections animées avec Émile Reynaud, et le Palais des Mirages (1908), jouant sur les illusions d’optique. En 1889, les Pantomimes lumineuses d’Emile Reynaud y présentent la première projection publique d’un dessin animé, Pauvre Pierrot. Le théâtre Grévin, intégré au parcours, accueille des spectacles jusqu’en 2000, avec un rideau de scène peint par Jules Chéret et un haut-relief d’Antoine Bourdelle.
Le musée évolue avec son époque : en 1981, une annexe ouvre au Forum des Halles (fermée en 1996), et des succursales voient le jour en France (Tours, Mont-Saint-Michel, etc.) avant d’être progressivement fermées après le rachat par le groupe Parc Astérix en 1999. À l’international, des filiales sont lancées à Montréal (2013-2021), Prague (2014-2018) et Séoul (2015-2018), mais peinent à perdurer. En 2001, l’Académie Grévin, présidée par Stéphane Bern, est créée pour sélectionner les nouvelles personnalités à immortaliser en cire.
La fabrication des personnages mobilise une quinzaine d’artistes par statue, utilisant 34 kg de cire d’abeille et 22 litres de peinture pour un coût minimal de 50 000 €. Les figures, comme La Mort de Marat (1889) ou les rois de France (années 1939-1960), sont régulièrement renouvelées pour refléter l’actualité. Certaines, retirées ou volées (comme celles de Valéry Giscard d’Estaing ou Emmanuel Macron), sont stockées dans un entrepôt parisien. En 2024, des statues humoristiques de Ramzy Bedia et Éric Judor, volontairement non ressemblantes, y sont exposées temporairement.
Le musée Grévin reste un lieu emblématique de la culture parisienne, mêlant art, histoire et divertissement. Son parcours thématique, ses 300 figures actuelles et ses décors historiques (comme les Tableaux de la Révolution française) en font une attraction majeure, visitée par plus de 500 000 personnes par an dans les années 1990. Le site, inscrit partiellement aux monuments historiques pour son théâtre, se loue également pour des événements privés.