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Banc-reposoir napoléonien à Lochwiller dans le Bas-Rhin

Bas-Rhin

Banc-reposoir napoléonien

    D668
    67440 Lochwiller
Crédit photo : Rudolf Wild - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1800
1900
2000
22 avril 1811
Circulaire préfectorale
1811-1812
Première vague de construction
1853-1854
Seconde vague de construction
1870
Annexion allemande
1906
Fin de l’entretien
9 mai 1988
Inscription aux Monuments Historiques
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Banc-reposoir napoléonien (cad. 5 113) : inscription par arrêté du 9 mai 1988

Personnages clés

Adrien de Lezay-Marnésia - Préfet du Bas-Rhin (1811) Initiateur des premiers bancs-reposoirs.
Auguste-César West - Préfet du Bas-Rhin (1853) Relance la construction des bancs.
Eugénie de Montijo - Impératrice, épouse de Napoléon III Inspiratrice de la seconde vague.
Napoléon Ier - Empereur des Français Père du Roi de Rome célébré.
Napoléon III - Empereur (1852-1870) Commanditaire des bancs de 1853.

Origine et histoire

Le banc-reposoir napoléonien de Lochwiller, daté du 3e quart du XIXe siècle, s’inscrit dans une tradition alsacienne de monuments publics conçus pour le repos des paysans et des paysannes lors de leurs déplacements vers les marchés. Ces bancs, souvent accompagnés de tilleuls, permettaient de déposer les fardeaux (paniers portés sur la tête ou hottes dorsales) et de se reposer à l’ombre. Leur conception répondait à un besoin pratique tout en incarnant une volonté commémorative liée à l’Empire napoléonien.

Les premiers bancs-reposoirs alsaciens remontent à 1811-1812, initiés par le préfet Adrien de Lezay-Marnésia pour célébrer la naissance du Roi de Rome (fils de Napoléon Ier). Une circulaire du 22 avril 1811 enjoignait aux communes d’ériger ces monuments tous les 500 mètres le long des routes, combinant utilité publique et propagande impériale. Les frais étaient à la charge des municipalités, certaines réticentes en raison du relief local. Environ 125 bancs furent construits cette année-là, mais peu ont survécu.

Une seconde vague de constructions eut lieu en 1853-1854, sous l’impulsion du préfet Auguste-César West et de l’impératrice Eugénie de Montijo, épouse de Napoléon III. Cette fois, le département prit en charge les coûts, facilitant l’érection de 448 bancs en grès des Vosges. Ces monuments commémoraient le mariage impérial et visaient à stimuler une économie alsacienne affaiblie par la crise de 1846-1848. Malgré leur nombre, beaucoup furent endommagés par les intempéries ou négligés après 1870, lors de l’annexion allemande.

Le banc de Lochwiller, inscrit aux Monuments Historiques depuis 1988, appartient à cette lignée. Son modèle typique comprend une dalle supérieure pour les fardeaux et un banc inférieur, souvent entouré de bornes et d’arbres. Après 1906, les autorités allemandes jugèrent ces bancs obsolètes, supprimant leur entretien en raison de l’évolution des pratiques agricoles (disparition du portage sur la tête au profit de chariots). Aujourd’hui, il témoigne à la fois de l’histoire sociale rurale et des politiques mémorielles napoléoniennes en Alsace.

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