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Maison néo-classique dite Jamme de la Goutine à Mazamet dans le Tarn

Tarn

Maison néo-classique dite Jamme de la Goutine

    5 Rue de la Libération
    81200 Mazamet
Crédit photo : Gustave Hautelle - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1800
1900
2000
1810
Début de la construction
1820-1830
Période principale de construction
1886
Cession partielle du domaine
1991
Vente au Centre Hospitalier
1992-1993
Classement Monument historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

La maison (cad. AL 277) : inscription par arrêté du 16 février 1993, modifiant l'arrêté du 17 novembre 1992

Personnages clés

Pierre Bosviel (1694-1754) - Marchand et maire de Mazamet Ancêtre anobli, acquéreur du domaine originel.
Comte de Milhau - Architecte et constructeur Cousin du commanditaire, réalisateur de la maison.
Henri Jamme de Lagoutine - Propriétaire au XXe siècle Vend les terres autour du château par phases.
Alain Jamme de Lagoutine - Dernier propriétaire familial Vend le château en 1991.

Origine et histoire

La maison néo-classique dite Jamme de la Goutine, située à Mazamet, fut construite entre 1810 et 1830 par le comte de Milhau, architecte local et cousin du commanditaire. Ce dernier descendait de Pierre Bosviel (1694-1754), marchand et maire perpétuel de Mazamet, anobli sous le nom de Bosviel de Lagoutine. La demeure, de plan rectangulaire, s’élève sur un soubassement, un rez-de-chaussée surélevé et un étage d’attique, avec une façade sud à sept travées rythmées par des pilastres toscans. Les modénatures en grès de Navès et le fronton triangulaire abritant le blason familial soulignent son élégance classique.

À l’intérieur, les pièces de réception communiquent entre elles, organisées autour d’un grand escalier en pierre. Un plan ancien signé Mars ou Marit révèle la distribution originelle : salle à manger et cuisine au sud, salon central flanqué de chambres et de cabinets au nord. Le domaine, partiellement cédé en 1886 pour des aménagements urbains (rue de la République, chemin de fer), fut progressivement morcelé au XXe siècle. Vendue en 1991 au Centre Hospitalier de Castres-Mazamet, la maison, classée Monument historique en 1992-1993, est aujourd’hui abandonnée.

L’architecture mêle influences grecques (pilastres jumelés du pignon Est, fronton orné de guirlandes de lauriers) et fonctionnalité bourgeoise. Le mur pignon ouest, couvert d’ardoise, contraste avec les tuiles creuses du toit. Le domaine, autrefois vaste, fut loti pour construire des demeures industrielles entre 1907 et 1928, lors du percement des rues Pasteur, Jules Ferry et de la Libération. Alain Jamme de Lagoutine, dernier propriétaire familial, céda le château en 1991, marquant la fin de son usage résidentiel.

Protégée pour son intérêt patrimonial, la maison illustre l’opulence des élites mazamétoises du XIXe siècle, liées à l’industrie et au commerce. Son état actuel, malgré son classement, reflète les défis de préservation des édifices historiques privés. Les matériaux locaux (grès de Navès) et la symétrie des élévations témoignent du savoir-faire régional, tandis que les aménagements intérieurs (bouge pour domestiques, latrines) révèlent l’organisation sociale de l’époque.

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