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Obélisque à Helfaut dans le Pas-de-Calais

Pas-de-Calais

Obélisque

    14 Rue du Docteur Schouller
    62570 Helfaut
Obélisque
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Crédit photo : Lamiot - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Antiquité
Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
0
100
1800
1900
2000
11–20 août 1842
Construction de l'obélisque
1810–1820
Création du camp d'Helfaut
28 septembre 1840
Fondation des chasseurs à pied
13 juillet 1842
Mort du duc d'Orléans
Années 1940
Dégâts de la Seconde Guerre mondiale
29 novembre 1985
Inscription aux monuments historiques
Années 1990
Restauration de l'obélisque
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Obélisque et tertre qui l'entoure (cad. AB 15) : inscription par arrêté du 29 novembre 1985

Personnages clés

Ferdinand-Philippe d'Orléans - Duc d'Orléans, fils aîné de Louis-Philippe Fonda les chasseurs à pied, mort en 1842.
Louis-Philippe - Roi des Français (1830–1848) Père du duc d'Orléans, souverain durant la construction.

Origine et histoire

L'obélisque d'Helfaut, situé sur le plateau du même nom près de Saint-Omer (Hauts-de-France), est un monument commémoratif érigé en 1842. Construit en calcaire local, il honore la mémoire de Ferdinand-Philippe d'Orléans, duc d'Orléans et fils aîné du roi Louis-Philippe. Ce prince, fondateur des bataillons de chasseurs à pied (futurs chasseurs alpins) sur ce camp militaire créé par les Anglais entre 1810 et 1820, périt tragiquement le 13 juillet 1842 dans un accident de voiture à Neuilly-sur-Seine, alors qu'il se rendait inspecter ses troupes à Helfaut. L'édifice, de forme obélisque sur socle cubique, fut bâti en seulement neuf jours, entre le 11 et le 20 août 1842.

Le site, stratégique depuis l'occupation anglaise, abritait jusqu'à 30 000 soldats et servait de lieu de manœuvres pour les troupes françaises. Proche de Saint-Omer, alors ville de garnison majeure, le camp d'Helfaut devint un symbole militaire sous l'impulsion du duc d'Orléans, qui y commanda plusieurs exercices entre 1833 et 1841. L'obélisque, endommagé par les bombardements de la Seconde Guerre mondiale visant la coupole nazie voisine (site de production des fusées V2), fut restauré dans les années 1990 après avoir été désolidarisé par les explosions. Son tertre, isolé par l'exploitation du sable environnant, fut inscrit aux monuments historiques le 29 novembre 1985.

L'environnement de l'obélisque, autrefois riche en bruyères et en faune spécifique (hyménoptères, fourmis xérophiles), a subi des dégradations écologiques majeures. La création de la Voie nouvelle de la vallée de l'Aa (VNVA) et l'exploitation industrielle (carrière de craie, décharge de boues papetières) ont fragmenté le plateau, faisant disparaître presque entièrement les landes caractéristiques. Malgré des propositions dans les années 1990 pour intégrer le site à la Réserve naturelle des Landes d'Helfaut, la commune refusa cette protection. Aujourd'hui, l'obélisque se dresse sur un monticule artificiel, entouré de vestiges militaires ensevelis (buttes de tir, étang du fort) et d'une charmille menant autrefois à Blendecques, aujourd'hui coupée par les aménagements modernes.

Le monument, propriété de la commune d'Helfaut, témoigne à la fois de l'histoire militaire du Nord-Pas-de-Calais et des bouleversements écologiques liés à l'industrialisation. Son inscription aux monuments historiques en 1985 vise à préserver ce patrimoine commémoratif, tout en soulignant les défis de conciliation entre mémoire historique, exploitation des ressources et protection des écosystèmes locaux. La restauration des années 1990 a permis de stabiliser la structure, mais l'acidité des sables et la prolifération de tiques (observée entre 1980 et 2000) rappellent les fragilités persistantes du site.

Liens externes