Origine et histoire du Palais Rose
Le Palais Rose, situé au 12 rue Diderot au Vésinet (Yvelines), fut édifié entre 1899 et 1900 pour l’armateur Arthur Schweitzer. Inspiré du Grand Trianon de Versailles, ce bâtiment rectangulaire à un étage, avec ses ailes et son perron en marbre rose, fut conçu comme un hôtel particulier luxueux. Schweitzer, ruiné, le vendit en 1906 à Ratanji Tata, qui le céda deux ans plus tard sans jamais l’occuper.
En 1908, le poète Robert de Montesquiou, fasciné par le lieu, l’acquit et le surnomma « Palais Rose ». Collectionneur éclectique, il y organisa des réceptions fastueuses et y installa ses œuvres d’art, tout en aménageant le parc avec des statues de poètes et un « Pavillon de l’Amour » abritant une vasque de marbre rose. Il fit aussi construire l’Ermitage pour sa bibliothèque. À sa mort en 1921, son secrétaire Henry Pinard vendit meubles et propriété.
La marquise Luisa Casati, excentrique et passionnée d’animaux, acheta le palais en 1923. Elle y aménagea un jardin d’hiver pour ses serpents et organisa des fêtes mémorables, comme des dîners éclairés par son collier. Ruinée, elle dut abandonner le domaine en 1934. La propriété fut alors lotie, et le palais changea plusieurs fois de mains, dont celles d’Olivié Scrive, qui tenta de reconstituer le domaine original.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, le général de Gaulle y séjourna brièvement en mai 1940. Dans les années 1980, le couple Blumental-Leroy racheta et réaménagea le palais avec l’architecte Jean-Louis Cardin, modifiant les façades et l’intérieur. Enfin, en 1999, Emad Khashoggi entreprit une rénovation majeure pour la SCI Palais Rose, ajoutant un sous-sol avec piscine et salle de cinéma, tout en préservant les éléments classés.
Classé monument historique en 1986, le Palais Rose a inspiré des œuvres littéraires, comme La Cagliostro se venge d’Arsène Lupin, et est apparu au cinéma dans Les Visiteurs 2 (1998). Son architecture, mêlant héritage versaillais et touches personnelles de ses propriétaires, en fait un symbole de l’excentricité et du luxe de la Belle Époque.