Origine et histoire
Le parc du château du Thil, situé à Léognan (Gironde), est un monument inscrit depuis 2015 pour ses éléments paysagers, son parcours d’eau et ses franchissements. Contrairement au château homonyme de Saône-et-Loire, ce site girondin est marqué par une restauration au XIXe siècle, notamment sous l’impulsion du baron Max Bernard de La Vernette, qui en confia la transformation à l’architecte Changarnier en 1875. Le parc actuel, conçu par Louis-Bernard Fischer, s’inscrit dans une logique paysagère typique de cette époque, mêlant nature et architecture.
Le château, d’origine médiévale (une maison forte construite vers 1300 par les du Tartre), a subi de multiples transformations. Endommagé en 1575 par les reîtres saxons, il fut remanié au XVIIe siècle par Antoine Mercier, puis acquis en 1741 par Jacques Perrin de Cypierre, qui y ajoutait une chapelle et une terrasse. Au XIXe siècle, après une période d’abandon, le baron de La Vernette entreprit une restauration majeure, donnant au château son aspect actuel, avec des toits coniques et des lucarnes du XVIIe remployées. Le parc, quant à lui, fut aménagé au début du XXe siècle par Philibert Bernard de La Vernette.
En 1947, le domaine passa aux Sœurs Dominicaines Missionnaires des Campagnes, avant d’être vendu en 2017 à Daniel Graf, qui le rouvrit partiellement pour des événements locaux. Le parc, protégé depuis 2015, se distingue par son parcours d’eau, ses ponts et les vestiges de l’ancienne serre. Bien que le château reste une propriété privée, son parc témoigne de l’évolution des goûts paysagers entre le XVIIe et le XIXe siècle, alliant héritage médiéval et influences romantiques.
Les armoiries des familles Perrin de Cypierre (lion rampant et colonne) et Bernard de La Vernette (bande d’or à étoiles) rappellent les successions de propriétaires. La chapelle, datée de 1753, et la litre armoriée des Perrin de Cypierre soulignent l’importance symbolique du lieu. Aujourd’hui, le parc du Thil illustre à la fois l’histoire féodale de la Gironde et les transformations architecturales liées aux changements de propriétaires, tout en restant un espace préservé, partiellement accessible lors d’événements culturels.