Origine et histoire du Parlement
Le Parlement de Dijon, initialement appelé Parlement de Bourgogne, fut fondé en 1354 par le duc Philippe II de Bourgogne à Beaune. Issu de la Curia Ducis, conseil des ducs de Bourgogne, il était hébergé dans l’Hôtel des ducs à Beaune. Après le rattachement du duché au domaine royal en 1477, le roi Louis XI le transféra à Dijon en 1480, en réaction contre Beaune, hostile à son autorité. Une seconde cour fut maintenue à Salins pour le Comté, tandis que celle du duché s’installa définitivement à Dijon dans des locaux partagés avec la Chambre des Comptes.
En 1499, une épidémie de peste poussa les parlementaires à se réfugier à Beaune. Ils ne revinrent à Dijon qu’en 1507, à condition qu’un nouvel édifice soit construit. Le Parlement s’enrichit de chambres spécialisées : la Tournelle (affaires criminelles, 1524), la Chambre des Requêtes (1575), et la Chambre des Enquêtes (1589). Au XVIe siècle, il refusa d’enregistrer l’édit de 1562 accordant la liberté de culte aux calvinistes. La Ligue (1588-1595) divisa l’institution, avec un Parlement dissident à Flavigny-sur-Ozerain, avant son unification sous Henri IV.
Le XVIIe siècle vit des tensions persistantes, comme lors de la Fronde, où Louis XIV dut intervenir en 1658 par un lit de justice. Au XVIIIe siècle, la réforme Maupeou renouvela ses membres, qui défendirent les privilèges provinciaux. Populaire pour ses mesures en faveur des débiteurs, le Parlement fut rétabli en 1774 après l’avènement de Louis XVI. La Révolution le mit en congé en 1789, laissant place à une cour supérieure, puis à la cour d’appel actuelle.
L’édifice, construit à partir de 1518, mêle styles Renaissance et néogothique. La Chambre Dorée (1522), la Tournelle (1549), et la façade Renaissance (1580) avec sa porte sculptée par Hugues Sambin en sont les joyaux. La Salle Saint Louis, la Chambre des Requêtes (plafond peint par Gabriel Revel en 1688), et la Grand’ Chambre (cœur historique) illustrent son évolution architecturale. Classé monument historique en 1926, le palais conserve des éléments comme une porte en bois sculpté, des vitraux, et des symboles de justice (balance, glaive).
Les fonctions du Parlement étaient vastes : gouvernement provincial partagé avec le gouverneur, gestion des fortifications, finances, monnaies, et levée des troupes en temps de guerre. Il enregistrait les ordonnances et veillait sur les limites territoriales. Son pouvoir s’étendait aux affaires contentieuses, mais aussi à la police et aux chemins. Après 1789, le palais devint successivement tribunal d’appel, cour impériale, puis cour royale, avant d’abriter définitivement la cour d’appel de Dijon.