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Pension Belhomme - Paris 11ème

Patrimoine classé

Pension Belhomme - Paris 11ème

    161 Rue de Charonne
    75011 Paris
Pension Belhomme - Paris 11ème
Pension Belhomme - Paris 11ème
Pension Belhomme - Paris 11ème
Pension Belhomme - Paris 11ème

Frise chronologique

Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1800
1900
2000
vers 1765
Fondation par Jacques Belhomme
septembre 1793
Réquisition comme prison
janvier 1794
Arrestation de Belhomme
1972
Destruction des bâtiments
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Jacques Belhomme - Fondateur et gérant Menuisier devenu directeur de la pension.
Philippe Pinel - Médecin précurseur Pionnier de la psychiatrie, y débuta.
Duchesse de Gramont - Prisonnière célèbre Sœur du duc de Choiseul, guillotinée.
Magon de La Balue - Fermier général Guillotiné avec sa famille pour sa fortune.
Marie-Adélaïde de Bourbon-Penthièvre - Noble détenue Veuve de Philippe Égalité, mariée en secret.

Origine et histoire

La pension Belhomme était un ensemble de bâtiments situé au 157-163, rue de Charonne, dans le 11e arrondissement de Paris. Fondée vers 1765 par le menuisier Jacques Belhomme, elle servit d’abord comme maison de santé pour les déments et les vieillards, accueillant des patients issus de familles fortunées. Philippe Pinel, pionnier de la psychiatrie, y débuta ses travaux sur les maladies mentales. Ce lieu devint un symbole de l’évolution des soins psychiatriques au XVIIIe siècle.

À partir de 1793, sous la Révolution française, la pension fut réquisitionnée par l’État pour servir de prison après le vote de la loi des suspects. Jacques Belhomme, profitant de la situation, y logea des prisonniers aisés en échange de fortes sommes, transformant l’établissement en une prison de luxe. Parmi les détenus célèbres figurent des nobles, des banquiers, et des personnalités comme la duchesse de Gramont ou le fermier général Magon de La Balue, guillotiné avec sa famille. Ce mélange de fous et de prisonniers riches créa un scandale, menant à l’arrestation de Belhomme en 1794.

Les bâtiments de la pension Belhomme, y compris l’hôtel de Chabanais adjacent, furent détruits en 1972 malgré leur inscription partielle aux monuments historiques. Aujourd’hui, seul subsiste le parc transformé en square Colbert, un jardin public situé à l’arrière d’un pavillon néoclassique utilisé comme centre communal d’action sociale pour les seniors. Ce site illustre la disparition d’un patrimoine historique marqué par des usages contrastés, entre médecine, corruption et Révolution.

La pension Belhomme a inspiré plusieurs œuvres culturelles, comme le film Caroline chérie (1951) ou le roman La Maison Belhomme (1984). Elle apparaît aussi dans L'Anglaise et le Duc (2001) d’Éric Rohmer, où sont évoquées les duchesse de Gramont et du Châtelet. Ces représentations témoignent de la fascination pour ce lieu où se croisèrent médecine, pouvoir et intrigues sous la Terreur.

Liens externes