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Château de Petit-Bourg dans l'Essonne

Essonne

Château de Petit-Bourg

    6 Résidence du Parc de Petit Bourg
    91000 Évry-Courcouronnes

Frise chronologique

Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1600
1700
1800
1900
2000
1650
Redessin des jardins
1695
Acquisition par Mme de Montespan
début XVIIe siècle
Construction initiale
1716-1722
Reconstruction par Lassurance
1774
Réception de Louis XVI
1840
Vente et morcellement
1944
Destruction finale
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

André Courtin - Chanoine de Notre-Dame Premier commanditaire du château au XVIIe.
Jean Galland - Greffier du Conseil Acheva la construction vers 1635.
Louis Barbier de La Rivière - Évêque de Langres Fit redessiner les jardins par Mansart.
Madame de Montespan - Favorite de Louis XIV Propriétaire en 1695, commanditaire de Le Nôtre.
Duc d’Antin - Surintendant des Bâtiments du roi Reconstruisit le château (1716-1722).
Pierre le Grand - Tsar de Russie Séjournait en 1717, impressionné par son portrait.
Alexandre Aguado - Banquier et maire d’Évry Propriétaire en 1827, accueillit Rossini.

Origine et histoire

Le château de Petit-Bourg, situé à Évry-Courcouronnes (anciennement Évry-sur-Seine) en Île-de-France, fut initialement construit au début du XVIIe siècle pour André Courtin, chanoine de Notre-Dame de Paris, puis achevé vers 1635 par Jean Galland. Ce premier édifice, enrichi de statues, jardins, fontaines et cascades, était déjà réputé en 1647 pour sa beauté et ses ornementations, rivalisant avec le voisin château de Frémont. Il servait de halte sur la route royale reliant Paris à Fontainebleau, attirant la noblesse et la cour.

Vers 1650, l’évêque de Langres, Louis Barbier de La Rivière, fit redessiner les jardins par François Mansart et y reçut des membres de la cour, dont le cardinal Chigi en 1664. Le domaine devint un lieu de repos prisé, notamment pour la famille royale en 1666. En 1695, la marquise de Montespan acquit le château et confia à André Le Nôtre la création de nouveaux jardins, incluant une grande cascade visible depuis la Seine. Ces aménagements, décrits dans un plan de 1696, visaient à impressionner les voyageurs entre Paris et Fontainebleau.

De 1707 à 1736, le duc d’Antin, fils de Mme de Montespan, entreprit une reconstruction complète du château par l’architecte Pierre Cailleteau (dit Lassurance), en faisant une résidence princière somptueuse. Le tsar Pierre le Grand y séjournait en 1717, et Louis XV avec Marie Leszczyńska y firent des séjours fréquents. Les aquarelles de Jean Chaufourier (1730) témoignent de son apogée architectural, avec des décors signés par François-Antoine Vassé. Après la mort du duc, le château fut démoli en 1750 et remplacé par un édifice néoclassique conçu par Jean-Michel Chevotet pour la veuve Chauvelin.

Au XVIIIe siècle, le marquis de Poyanne y reçut Louis XVI et Marie-Antoinette en 1774 lors d’une revue militaire. La Révolution vit le domaine passer à la duchesse de Bourbon, Bathilde d’Orléans, connue pour ses intérêts mystiques. Au XIXe siècle, le banquier Alexandre Aguado, maire d’Évry, y accueillit Rossini, qui y composa partiellement Guillaume Tell (1828). Cependant, l’arrivée du chemin de fer en 1840 scinda le parc, conduisant à la vente et au morcellement du domaine. Le château, transformé en colonie pénitentiaire vers 1844, fut finalement incendié en 1944 par les Allemands et rasé.

Aujourd’hui, il ne subsiste que quelques bâtiments des communs et l’emprise des anciens jardins, descendants jusqu’à la Seine. L’allée d’honneur, bordée de marronniers, est le dernier vestige visible de ce château qui fut un symbole du faste aristocratique et des transformations paysagères des XVIIe et XVIIIe siècles. Les photographies du début du XXe siècle et les plans anciens, comme celui de 1696, permettent d’en reconstituer l’ampleur et la richesse architecturale.

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