Origine et histoire
Le château de la Favorite, aussi appelé Petit château du Prince Charles, est édifié à Lunéville dans la première moitié du XVIIIe siècle. Commandé par le duc Léopold Ier de Lorraine pour son fils Charles-Alexandre (1712-1780), sa construction débute après 1730, à la mort de Léopold Ier, et s’achève en 1734. Les plans sont attribués à l’architecte Germain Boffrand, et les travaux sont dirigés par Jean Marchal. Ce château de plaisance, situé à quelques mètres du château de Lunéville, reflète le faste de la cour lorraine de l’époque.
Charles-Alexandre, exilé à Vienne après l’annexion du duché par la France en 1736, conserve la propriété du château jusqu’à sa mort en 1780, bien qu’il ne l’habite pas. Stanislas Leszczynski, duc de Lorraine de 1737 à 1766, l’utilise occasionnellement pour loger ses favoris. À la mort de Charles-Alexandre, le château est hérité par l’empereur Joseph II, qui le revend à un notable de la cour. Les modifications majeures interviennent au XIXe siècle : une nouvelle façade côté ville est ajoutée, et les combles sont réaménagés, tandis que la façade côté jardin, d’origine, reste inchangée.
Au XXe siècle, la commune de Lunéville devient propriétaire du château avant de le revendre en 1999. Bien que partiellement inscrit aux monuments historiques dès 1984, puis entièrement en 1992, son état se dégrade fortement au XXIe siècle. En 2011, il est classé en totalité, mais en 2022, il est proche de la ruine, avec des toits percés, des décors abîmés et un jardin disparu. Son dernier propriétaire est condamné en 2020 pour des délits financiers liés à sa gestion.
Architecturalement, le château présente deux façades contrastées : celle de l’est, côté jardin, conserve son aspect d’origine du XVIIIe siècle, avec un corps central et deux ailes symétriques. Celle de l’ouest, côté ville, est doublée au XIXe siècle, ajoutant un avant-corps central et un étage supplémentaire. À l’intérieur, le salon ovale, décoré de stucs et de médaillons représentant des empereurs romains et le monogramme princier, témoigne du raffinement de l’époque. Le vestibule arbore également le chiffre de Charles-Alexandre incrusté dans le sol.