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Petit Trianon dans les Yvelines

Petit Trianon

  • Route Sans Nom
  • 78000 Versailles
Route Sans Nom, 78000 Versailles, France

Frise chronologique

Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1700
1800
1900
2000
1750
Création du jardin botanique
1762-1768
Construction du Petit Trianon
1769
Inauguration par Madame Du Barry
1774
Don à Marie-Antoinette
1777-1782
Aménagements du Jardin anglais
5 octobre 1789
Abandon lors de la Révolution
1805
Restauration sous Napoléon
1999
Tempête dévastatrice
2008
Restauration majeure
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Classé MH

Personnages clés

Louis XV - Roi de France (commanditaire) Initiateur du jardin botanique et du château.
Madame de Pompadour - Favorite de Louis XV Inspiratrice des premiers aménagements du domaine.
Ange-Jacques Gabriel - Architecte royal Concepteur du Petit Trianon et des jardins français.
Madame Du Barry - Favorite de Louis XV Première occupante du château en 1769.
Marie-Antoinette - Reine de France Propriétaire et transformatrice du domaine (1774-1789).
Richard Mique - Architecte et paysagiste Créateur du Jardin anglais et des fabriques.
Claude Richard - Jardinier-botaniste Responsable du jardin scientifique sous Louis XV.
Napoléon Ier - Empereur des Français Restaure le domaine pour sa sœur Pauline Borghèse.
Pierre-André Lablaude - Architecte en chef Dirige la restauration contemporaine (années 2000).

Origine et histoire

Le Petit Trianon, situé dans le parc du château de Versailles, est un domaine créé entre 1762 et 1768 sous l’impulsion de Louis XV. Ce château, conçu par l’architecte Ange-Jacques Gabriel, incarne le néo-classicisme naissant avec ses façades épurées et ses jardins variés, mêlant styles français et anglais. À l’origine, le site abritait un jardin botanique et une ménagerie, reflétant la passion du roi pour les sciences naturelles et l’agronomie. La comtesse Du Barry, favorite de Louis XV, inaugure le château en 1769, mais c’est Marie-Antoinette qui en fera son refuge intime après la mort de son grand-père.

À partir de 1774, Marie-Antoinette transforme radicalement le domaine, abandonnant le jardin botanique pour un parc à l’anglaise, ponctué de fabriques pittoresques comme le Temple de l’Amour, le Belvédère ou un hameau rustique. Ces aménagements, inspirés par Rousseau et la mode des jardins « naturels », contrastent avec le formalisme des jardins de Versailles. Le Petit Trianon devient un symbole de liberté pour la reine, où elle organise des fêtes et des spectacles, mais aussi un lieu critiqué pour son coût et son apparente frivolité à l’aube de la Révolution.

La Révolution française marque un tournant brutal : le domaine est pillé, le mobilier vendu, et les jardins laissés à l’abandon. Au XIXe siècle, le Petit Trianon alterne entre restaurations (sous Napoléon pour sa sœur Pauline, ou Louis-Philippe pour sa famille) et périodes de négligence. Les jardins, partiellement reconstruits, subissent aussi les aléas du temps, comme la tempête de 1999 qui détruit des arbres centenaires. Aujourd’hui, le domaine, restauré pour évoquer son apogée sous Marie-Antoinette, attire des centaines de milliers de visiteurs annuels.

Le château lui-même, de plan carré, se distingue par ses quatre façades distinctes et son intérieur dédié à la nature, avec des décors de fleurs et de fruits sculptés. L’étage noble, réservé à la reine, comprend des pièces comme la chambre du treillage ou un boudoir aux « glaces mouvantes ». Les communs, dissimulés par la végétation, abritaient des cuisines sophistiquées et des logements pour le personnel. La chapelle, dernière réalisation de Gabriel, et le théâtre de la reine, aux décors éphémères en carton-pâte, complètent cet ensemble unique.

Les jardins du Petit Trianon illustrent deux époques : le Jardin français, géométrique et symétrique, créé par Gabriel pour Louis XV, et le Jardin anglais, plus libre, aménagé pour Marie-Antoinette. Ce dernier, avec ses fabriques comme la Grotte ou le Jeu de bague chinois, reflète l’idéal romantique et bucolique du XVIIIe siècle. Malgré les destructions révolutionnaires et les restaurations successives, ces espaces conservent une atmosphère champêtre, aujourd’hui préservée par des choix de gestion écologique, comme l’abandon de la tonte systématique.

Le Petit Trianon a aussi marqué la culture, inspirant poèmes, romans et films, dont Marie-Antoinette de Sofia Coppola (2006). Son histoire, entre fastes royaux et vicissitudes révolutionnaires, en fait un symbole des contradictions de l’Ancien Régime. Les restaurations récentes, soutenues par des mécènes comme Breguet, visent à restituer l’esprit de 1789, tout en adaptant le site aux exigences modernes de conservation et d’accueil du public.

Liens externes

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