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Phare de la Vieille

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Phare de la Vieille
Crédit photo : blue eyes photographies - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1900
2000
1860
Projet initial
1882-1887
Construction du phare
15 septembre 1887
Premier allumage
février 1926
Drame des gardiens
1 septembre 1927
Réforme des emplois réservés
14 novembre 1995
Automatisation
31 décembre 2015
Inscription monument historique
20 avril 2017
Classement monument historique
2019
Restauration de la lanterne
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Le phare de la Vieille en totalité avec son soubassement situé à l'ouest de la pointe du Raz, côté est du raz de Sein sur le rocher de la Vieille ou de Gorlebella, non cadastré (domaine public maritime), coordonnées géographiques 48°02'43''8 N – 04°45'38''7 W (WGS84) : inscription par arrêté du 31 décembre 2015

Personnages clés

Victor Fénoux - Ingénieur en chef Dirigea la construction de 1879 à 1885.
Messieurs Mandolini et Ferracci - Gardiens mutilés de guerre Bloqués en 1926, sauvés in extremis.
Clet Henri Coquet - Pêcheur-sauveteur Participe au sauvetage de 1926.
Nicolas Kerninon - Gardien-chef d'Ar-Men Aida au sauvetage des gardiens.
Jean Donnart - Dernier gardien Refusa la relève en 1995.
Jean Rochefort - Parrain du phare Figure culturelle associée au monument.

Origine et histoire

Le phare de la Vieille, situé sur le rocher de Gorlebella (« la roche la plus éloignée » en breton), a été construit entre 1882 et 1887 pour sécuriser le passage du raz de Sein, réputé pour ses courants violents et ses nombreux naufrages. Son édification, dirigée par l'ingénieur Victor Fénoux, a nécessité des techniques innovantes pour surmonter les défis posés par les conditions maritimes extrêmes. La roche, émergée de 14 mètres au-dessus des plus hautes mers, offrait une base plus stable que celle du phare d'Ar-Men, construit précédemment.

Le phare a été conçu avec une architecture distinctive, mêlant esthétique médiévale et fonctionnalité. Sa tour carrée, en granite gris de l'île de Sein et kersantite bleu-vert, s’élargit vers la base et est surmontée d’un crénelage. L’intérieur, optimisé pour une surface restreinte, comprend cinq niveaux desservis par un escalier hélicoïdal. Le feu fut allumé pour la première fois le 15 septembre 1887, remplaçant les feux d’alignement de la pointe du Raz.

En 1926, un drame médiatisé a marqué l’histoire du phare : deux gardiens, mutilés de la Première Guerre mondiale, furent bloqués pendant des semaines dans des conditions extrêmes. Leur sauvetage héroïque par des pêcheurs locaux a conduit à l’exclusion des emplois de gardiens de phare en mer de la liste des « emplois réservés » aux anciens combattants. Ce phare, automatisé en 1995, reste un symbole de la résistance humaine face aux éléments.

Le phare de la Vieille a été inscrit monument historique en 2015, puis classé en 2017. Malgré son automatisation, il continue de jouer un rôle crucial dans la signalisation maritime. Sa lanterne, restaurée en 2019, et ses aménagements intérieurs témoignent de l’ingéniosité des constructeurs du XIXe siècle. Aujourd’hui, il est télécontrôlé depuis l’île de Sein et reste un lieu emblématique du patrimoine maritime breton.

Le phare a inspiré des œuvres culturelles, comme le roman Le Gardien du feu d’Anatole Le Braz (1900) ou le film Les Gardiens du feu (1992). Il figure également sur un timbre émis par La Poste en 2019, soulignant son importance dans l’imaginaire collectif. Son architecture unique et son histoire mouvementée en font un monument incontournable du Finistère.

Liens externes