Frise chronologique
1190
Fondation de l'abbaye
Fondation de l'abbaye
1190 (≈ 1190)
Construction de l'abbaye chalaisienne Sainte-Marie de Vallis Bonna.
3 octobre 1519
Acte d'habitation
Acte d'habitation
3 octobre 1519 (≈ 1519)
Cession de terres aux colons pour créer Valbonne.
XVIIe siècle
Construction de la place
Construction de la place
XVIIe siècle (≈ 1750)
Édification des arcades et maisons selon plan en damier.
12 juin 1992
Classement monument historique
Classement monument historique
12 juin 1992 (≈ 1992)
Inscription de la place et ses galeries.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Place, avec son sol, l'ensemble des galeries à arcades qui la bordent, et les façades et versants de toiture correspondants des maisons qui en forment les côtés (y compris la partie des façades située sous les arcades) (cad. domaine public, non cadastré ; BM 158, 164 à 168 ; 173, 175, 230 à 234, 236, 359, 360) : inscription par arrêté du 12 juin 1992
Personnages clés
| Augustin Grimaldi - Évêque de Grasse et abbé de Lérins |
Initiateur du plan urbanistique en damier. |
| Don Antoine Taxil - Prieur de Valbonne et seigneur |
Signataire de l’acte d’habitation de 1519. |
| Jean Sucque - Notaire royal de Vence |
Réceptionnaire de l’acte notarié de 1519. |
Origine et histoire
La place des Arcades de Valbonne s’inscrit dans un projet de repeuplement initié au XVIe siècle par le prieur de Valbonne, Don Antoine Taxil, et l’évêque de Grasse Augustin Grimaldi. En 1519, un acte d’habitation cède des terres en emphytéose à des colons des hameaux voisins (Clausonne, Sartoux, Tourreviste, Villebruc), sous condition de s’installer dans un nouveau village groupé. Ce projet rompt avec l’habitat dispersé traditionnel provençal, s’inspirant des bastides du Sud-Ouest avec un plan en damier centré sur une place.
La construction de la place et des maisons à arcades intervient au XVIIe siècle, selon le plan imaginé par Augustin Grimaldi. Les rues, perpendiculaires, encadrent une place centrale bordée de galeries voûtées, reflétant un urbanisme rationnel et défensif. Les colons, soumis à des droits seigneuriaux (dîme, droit de moudre, presser), doivent résider dans le village, assurant sa pérennité. Ce modèle contraste avec les villages provençaux traditionnels, souvent organisés autour de hameaux.
Classée monument historique en 1992, la place des Arcades incarne aujourd’hui l’héritage de cette expérience urbanistique unique en Provence. L’inscription protège l’ensemble des galeries, les façades et toitures des maisons, ainsi que le sol de la place. Le site, propriété mixte (commune et privés), témoigne de la transition entre le Moyen Âge et l’époque moderne, marquée par des épidémies, des troubles, et la volonté de structurer l’habitat rural.
L’abbaye chalaisienne Sainte-Marie de Vallis Bonna, fondée en 1190 au bord de la Brague, joue un rôle clé dans cette histoire. Le prieuré, détenteur de la juridiction temporelle, supervise le projet jusqu’à son rattachement au royaume de France en 1482. Les archives, comme l’acte notarié de 1519 reçu par Jean Sucque, notaire royal de Vence, documentent cette transformation sociale et spatiale, liée à la reconstruction post-crise des XIVe et XVe siècles.