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Pont romain de Villeperdrix dans la Drôme

Patrimoine classé
Vestiges Gallo-romain
Pont
Pont romain

Pont romain de Villeperdrix

    D570
    26510 Villeperdrix
Propriété privée
Crédit photo : Fanfwah - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Antiquité
Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
100
200
1900
2000
IIᵉ siècle apr. J.-C.
Construction présumée
Milieu du XIXe siècle
Première mention moderne
1960
Redécouverte des vestiges
19 septembre 1989
Classement monument historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Pont romain (vestiges) (cad. C 322, 323) : inscription par arrêté du 19 septembre 1989

Personnages clés

Lucien Van Damme - Érudit local Redécouvreur des vestiges au XXe siècle
Adrien Bruhl - Historien régional Signale la nature antique du pont en 1960
André Blanc - Archéologue Auteur d’une étude sur les ponts gallo-romains (1966)

Origine et histoire

Le pont romain de Villeperdrix, situé dans la commune du même nom en Drôme (Auvergne-Rhône-Alpes), date probablement du IIe siècle apr. J.-C. Cet ouvrage antique enjambait le vallon encaissé du ruisseau de la Croix, un affluent de l'Eygues, à moins de 500 mètres de leur confluent. Aujourd’hui, il n’en reste que les deux culées ancrées dans le rocher, conservées sur des hauteurs inégales (8,50 m à gauche, 4 m à droite). Leur parement, composé de petits moellons locaux et de dalles de chaînage, témoigne d’une construction homogène, sans trace de réparation ultérieure.

Les vestiges furent redécouverts au milieu du XXe siècle par l’érudit local Lucien Van Damme, après avoir été mentionnés en 1850 par un ingénieur dans le cadre de travaux routiers. L’absence de briques ou de tuiles dans la maçonnerie, ainsi que la régularité des claveaux rectangulaires des voûtes disparues, confirment leur origine antique. Les contreforts latéraux s’appuient directement sur la roche naturelle, soulignant l’adaptation du pont à son environnement géologique.

Classé monument historique par arrêté du 19 septembre 1989, le site illustre l’ingénierie romaine en milieu montagneux. Les culées, dépourvues de leur tablier et de leur voûte, offrent un exemple rare de structure routière antique dans la région. Leur inscription répond à leur valeur archéologique, malgré leur état fragmentaire. Aucune fouille exhaustive n’a cependant permis de dater précisément leur construction, le IIe siècle restant une hypothèse fondée sur des comparaisons régionales.

Le pont s’inscrit dans un réseau viaire romain plus large, bien que son tracé exact et sa destination finale demeurent incertains. Son emplacement, proche du bourg actuel mais isolé dans la gorge, suggère un rôle de franchissement local plutôt que de grand axe commercial. Les matériaux exclusivement locaux (moellons, dalles calcaires) indiquent une construction utilitaire, peut-être liée à l’exploitation des ressources environnantes (agriculture, mines).

Les sources écrites médiévales ou modernes ne mentionnent pas le pont, ce qui explique son oubli progressif jusqu’au XIXe siècle. Sa redécouverte au XXe siècle doit beaucoup aux travaux d’André Blanc (1966) et aux signalements d’Adrien Bruhl, qui ont permis son identification comme ouvrage romain. Aujourd’hui, le site, libre d’accès, attire les passionnés d’histoire antique et de patrimoine drômois.

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